, par Theodora Navarro.

Cela avait commencé comme une job d’étudiante. En même temps que ses cours en design environnement, Brigitte Saint-Amans, Montréalaise de 20 ans à peine, travaillait comme secrétaire pour un grand groupe informatique. Après ses études, elle continue dans la voie du secrétariat où elle a acquis de l’expérience.

Les débuts sont difficiles. Issue d’une agence de placement, elle est vue comme relativement interchangeable. Un jour, elle entend sa directrice dire à une collègue qu’elle n’est “qu’une employée de seconde classe”.

Elle choisit de ne pas se formaliser, d’autant que travailler avec les agences lui permet de travailler rapidement. Mais certains de ses contrats ne vont jamais à terme. Un jour, elle apprend que sa mission actuelle se termine.

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“L’employeur m’a dit que j’avais trop bien bossé, plus vite que ce qu’il avait estimé, et du coup je pouvais partir”, raconte Brigitte. A deux semaines de Noël, c’est le coup dur.

Plusieurs fois, l’histoire se répète. Six à huit semaines d’attente lui sont nécessaires pour obtenir le chômage, l’obligeant à accepter tous les contrats possibles. “C’est un cercle vicieux, on accepte n’importe quoi, on devient stressé, plus fragile, malade, et on a du mal à décrocher de nouveaux contrats.”

Burn-out

Elle voudrait plus de stabilité mais il lui est impossible de postuler en interne dans l’entreprise où elle fait des contrats réguliers, allant de 2 semaines à quelques mois. Elle a le sentiment de n’avoir aucun droit. “J’étais une employée jetable”, estime-t-elle, en ajoutant qu’elle ou quelqu’un d’autre, c’était pareil.

Un jour, c’est le burn-out. Harcelée sexuellement par un collègue, Brigitte décide de quitter l’entreprise qui l’emploie sans autre forme de procès. Acculée par le dernier prêt étudiant qu’elle doit rembourser, elle tombe malade. En dépression, elle est arrêtée durant plusieurs mois.

A son retour, elle recommence les contrats avec les mêmes grosses agences de placement. “Je n’avais pas d’assurance maladie, et pas de quoi en payer une, c’était très angoissant.” Pour en obtenir une, elle doit effectuer un contrat de plus de trois mois, ce qui ne lui est jamais proposé.

L’histoire se répète lorsqu’elle doit interrompre une grossesse à contrecoeur. Dévastée, Brigitte est obligée de mettre un terme à son contrat en cours dans une compagnie aérienne.

Black-listée

Deux burn-outs plus tard, Brigitte tente de recontacter les agences avec lesquelles elle travaille depuis 15 ans. Sans succès. “J’étais comme black-listée!” En voyant son expérience, ses interlocuteurs semblent convaincus… jusqu’à ce qu’ils consultent son dossier.

Pas de rappel, des contrats lointains ou de très courte durée… les propositions se font rares. Lorsque Brigitte repère un poste et candidate, on lui répond qu’il est déjà pris. Toujours. “Ils ne m’ont jamais dit franchement que mes arrêts leur posaient un problème.”

Elle laisse tomber sa course aux agences en 2007 et, après plusieurs petits contrats, décroche un poste permanent en 2010, dans une clinique. Des années passées, Brigitte garde un souvenir amer. “Je ne ressentais aucune loyauté envers moi, même en me donnant à 100%.” Et de conclure : “Tout le monde est remplaçable, et avec mon statut je l’étais encore plus.”



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