54 ans: trop vieille pour travailler?

, par Theodora Navarro.

«Tu es trop vieille pour changer d’emploi!» : voici la douce phrase à laquelle Johanne, adjointe administrative, avait souvent droit de la part de son ancien patron. Content de son travail mais persuadé qu’elle ne pourrait réussir à trouver une place ailleurs, il se plaisait à lui faire peur.

Au bout de douze ans, Johanne avait pourtant envie de relever de nouveaux défis! La vie lui offre enfin cette possibilité lorsque son entreprise est grandement endommagée dans un incendie. Elle multiplie alors les candidatures, sans succès.

«En quelle année as-tu été diplômée?»

Un emploi pour vous?

Les recruteurs n’ont pas le droit de lui demander son âge, mais ils ont appris à jouer sur d’autres tableaux. «Au téléphone, ils me demandent en quelle année j’ai été diplômée, si mes enfants sont au Cegep ou plutôt à l’université…» Le calcul est alors facile à faire.

Son âge, Johanne peut vous le dire. Elle a 54 ans. 54 ans, de l’expérience et une énergie folle qu’elle aimerait mettre au profit des employeurs. En 2010, sa soeur la fait entrer chez Air Transat comme préposée aux bâtiments, un tout autre métier. «Mes patrons m’appelaient Roadrunner tellement j’étais en forme!»

L’année dernière, son service a connu de grosses coupures budgétaires et a du se séparer de quelques employés… Retour à la case départ pour Johanne.

Elle a changé des choses sur son CV pour valoriser ses expériences : «Je vois bien qu’ils recherchent quelqu’un de plus jeune, ça se sent et c’est la déception en sortant car je sais très bien qu’ils ne me rappelleront pas… On dirait presque qu’ils ont de la pitié pour moi car je reste longtemps en entrevue, ils sont super gentils… Mais ils ne me rappellent jamais.»

«Terrorisée»

La force de Johanne dans sa recherche d’emploi, ce sont ses contacts, pleinement conscients de ses qualités. Une amie a ainsi poussé son patron à la rencontrer. Après l’entrevue, elle apprend qu’il lui a préféré une autre adjointe, plus jeune. «Puis deux semaines plus tard, mon amie me rappelle pour me proposer le poste, m’expliquant que l’autre candidate est sans arrêt en retard et incompétente.»

Depuis quelques jours, Johanne n’a plus de travail. Faute d’avoir assez de tâches à lui confier, son entreprise a préféré la renvoyer chez elle. De son propre aveu, elle est «terrorisée». Se retrouver encore à devoir chercher un emploi est devenu une vive inquiétude pour elle.

Pourtant, elle est loin de vouloir prendre sa retraite. «Pas avant 65 ans», assure-t-elle. Sa capacité d’apprentissage et son enthousiasme devant la nouveauté lui ont sauvé la mise plusieurs fois. «Je suis pleine de vie, sociable, honnête, résiliente, je m’adapte au changement, pas bouchée du tout pour mon âge…»

Elle reconnaît aujourd’hui que plus le temps avance, plus elle commence à se dire qu’elle devrait peut-être laisser tomber et attendre que sa dernière entreprise la rappelle quand il y aura assez de travail pour deux adjointes.

Mais son envie de participer pleinement et durablement au quotidien d’une entreprise est sérieusement mise à mal par cette idée. Et Johanne de conclure: «Tout ce que j’entreprends je le réussis mais il faut quand même que quelqu’un me donne la chance! Je crois que l’âge peut devenir un gros handicap, plus que la maladie…»



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