La revanche du DEC !

, par Louise Proulx.

Vous avez été très nombreuses à réagir à l’article publié la semaine dernière intitulé La vraie différence entre le DEP et le DEC. Andrée Chartier, enseignante à la technique en bureautique au cégep de Sorel-Tracy et directrice du programme, a voulu rectifier le tir. Selon elle, il existe bel et bien une grande différence entre les deux formations.

Vous avez trouvé que l’article de Secrétaire-inc ne donnait pas toutes les informations, n’est-ce pas ?

Oui, tout à fait. Je ne veux pas partir une guerre de clocher. Je pense qu’il y a de la place pour les deux formations, mais il est faux de prétendre qu’il n’y a aucune différence entre elles.

Un emploi pour vous?

D’ailleurs, vous affirmiez dans l’article que la formation générale au cégep n’a aucun lien avec le métier de secrétaire. Je pense que, au contraire, elle permet justement une plus grande possibilité de discernement, d’ouverture sur les autres, en plus de démontrer la persévérance face à l’adversité. Le développement des compétences d’une bonne adjointe administrative ne se limitent pas à la maîtrise d’un logiciel. À titre d’exemples, les habiletés à comprendre le comportement humain, à développer des habitudes de vie saines sont tout aussi importantes.

Vous avez créé un programme passerelle qui permet aux élèves qui ont étudié en secrétariat au DEP de passer au DEC en technique de bureautique. Est-ce que ces élèves se font créditer des cours facilement ?

D’abord, si les élèves du DEP décident de venir faire leur DEC, c’est justement parce qu’elles sont déçues de ne pas pouvoir avoir accès à plusieurs postes. Et, non, ce n’est pas si facile de se faire créditer des cours. Nous analysons leur dossier et leur faisons passer des tests pour reconnaître leurs compétences.

D’ailleurs, cette semaine, j’ai testé une fille qui avait fait son 90 heures dans un module en français au DEP ; je n’ai malheureusement pas pu lui créditer le cours puisqu’elle ne pouvait répondre à plusieurs éléments.

Nos cours sont beaucoup plus poussés. Ce ne sont pas les titres des cours qui indiquent la différence, mais la façon d’en décrire les compétences acquises au terme du cours. Il y a une différence entre « appliquer » et « maîtriser », par exemple. Ainsi, notre cours de traitement de textes comporte beaucoup plus d’heures ; nous créons des exercices personnalisés beaucoup plus complexes.

Comment cette différence se remarque-t-elle sur le marché du travail ?

Nous travaillons avec plusieurs employeurs, et je peux vous affirmer qu’ils voient une différence entre les adjointes issues du DEC et celles du DEP. Elles ont fait des études supérieures, alors les filles qui sortent du DEC ont beaucoup plus de chances d’avancer dans leur carrière, d’avoir accès aux postes de coordonnatrice, par exemple. D’ailleurs, par chez nous, des grandes entreprises comme Rio Tinto ou Alstom exigent un DEC.

En outre, seules celles qui ont fait un DEC peuvent accéder aux postes de techniciennes administratives parce que les tâches demandées demandent plus de compétences.

Selon plusieurs employeurs, une fille qui a un DEP rejoint les compétences d’une fille qui a un DEC après cinq ans d’expérience.

Et qu’en est-il des salaires ?

Malheureusement, plusieurs petites entreprises reconnaissent les compétences d’une adjointe issue du DEC, mais n’ajustent pas son salaire en conséquence.

Mais, je suis convaincue qu’il s’agit d’une bataille que les femmes doivent continuer à mener, encore en 2015, pour être reconnue et payer à leur juste valeur, alors tout en se respectant les unes les autres, je pense que nous devrions apprendre ensemble les différences.



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