C’est Noël! Et si vous détestiez les gens un peu moins?

, par Theodora Navarro.

Noël, joie, amour, petits chocolats tendres et neige fondante… N’en jetez plus! Les clichés sont réunis. Ils sont rouges, dorés, argentés, blancs comme un matin de janvier. Mais comme beaucoup de clichés, ils se nourrissent de réalité : les Fêtes sont le moment idéal pour faire le bilan, et considérer autrement les gens qui nous entourent (et manger son poids en chocolat).

Andy Puddycombe met ainsi l’accent sur la façon dont nous voyons les gens que nous n’aimons pas, ceux avec qui nous travaillons tous les jours et pour lesquels nous échafaudons un changement de service ou une fin de contrat en espérant en être définitivement débarrassé. Ainsi qu’il le souligne, lorsqu’une personne nous déplaît, notamment dans le travail, nous avons tendance à penser que le problème vient d’elle. Sa façon de travailler, son flot ininterrompu de paroles, ses idées pour le moins surprenantes ou ses dents longues comme plusieurs centimètres de sournoise ambition. Aussi fou que cela puisse paraître, il y a fort à parier que cette même personne pense que le problème, c’est nous. Égalité, la balle au centre. À qui la faute, alors? L’auteur propose cinq approches.

Qui sont les personnes que je n’aime pas ?

Un emploi pour vous?

Pour avancer, il faut faire face, et avoir conscience de nos pensées. Dans un moment de calme, faites une liste. Soyez honnête : qui sont les personnes que vous n’aimez pas? Vous pouvez faire plus ou moins de croix à côté de leur nom : vous les détestez franchement, vous avez un simple sentiment de malaise en leur présence…? Ne vous censurez pas, tout le monde peut se retrouver sur cette liste, y compris vous-même. Ce ne sont que des pensées, vous n’avez pas à culpabiliser.

La subjectivité

Choisissez-en quelques unes dans votre liste. Quelle est la part de subjectivité dans la façon dont vous les voyez? Cette adjointe qui vous insupporte car elle manque de proactivité, elle est timide, il faut sans cesse la pousser, et elle regarde autour d’elle comme une biche effarouchée dès que vous vous agacez… Que savez-vous? Vous la voyez comme une femme pas très dégourdie, qui a besoin d’un appui constant, de directives claires. Quelle est son histoire? Où travaillait-elle avant? Quelle vie a-t-elle en dehors du travail? N’oubliez jamais qu’il y a une différence entre une pensée et un jugement, un avis. Ce que vous constatez dans le strict cadre des fonctions d’une personne ne définit pas qui elle est dans sa globalité.

L’empathie

Certaines personnes se targuent d’avoir au moins l’honnêteté de « dire les choses » et n’hésitent pas à lancer « écoute, soyons honnête, je ne t’aime pas » au collègue qui les insupporte. Le problème est que ce n’est pas une franchise constructive. Vous vous débarrassez ici d’un sentiment et laisser l’autre le gérer seul. Faites preuve d’empathie, observez la situation de l’extérieur : des TI, aux commis, en passant par les adjoints, les avocats, les parajuristes et les associés, nul n’aime savoir qu’il n’est pas aimé. C’est une recherche vaine qui est propre à l’être humain : il souhaite être aimé. Il est confortable généralement avec l’incertitude, mais il gère très mal le fait de ne pas être apprécié, surtout dans le cadre de choses qui emplissent son quotidien comme le travail.

Dualité

« J’aime » et « je n’aime pas » ne sont pas deux entités séparées mais les deux côtés d’une même médaille. Ne pas aimer quelqu’un n’est pas un problème en soi. C’est une pensée, un sentiment. Le problème vient au moment où ce désamour commence à ternir la relation, au moment où l’on s’imagine débarrassé de la personne, au moment où l’on commence à en parler à d’autres collègues, à sa famille au souper. On laisse alors une pensée, un sentiment, prendre toute la place.

Il y a des tas de choses que nous n’aimons pas : des plats, des endroits, des films… mais jamais leur accordons-nous autant de paroles qu’à une personne que n’aimons pas. Pour faire le point sur l’intensité de vos sentiments, l’auteur suggère de vous demander ceci : « Seriez-vous prêt à abandonner la personne que vous aimez le plus au monde pour être débarrassé de cette personne que vous détestez tant? »

Let it snow, let it snow, let it snow

Rappelez-vous : Noël, neige, amour et chocolat… Le temps est venu de laisser couler vos sentiments. Pour agrémenter son désamour, une personne a besoin de le nourrir : de faire la liste des choses désagréables, d’évoquer avec un collègue l’énième changement d’humeur de son patron. Mais lorsque l’on ne nourrit pas la bête, elle tend à disparaître d’elle-même…

Ainsi que l’auteur le rappelle, une grande partie de ce lâcher-prise viendra du sérieux que l’on accorde à son existence. En prenant la vie un peu plus joyeusement, en apprenant à regarder les choses pour ce qu’elles sont : des bouts de papier, des dates sur un calendrier, des interactions entre humains qui dansent, valsent et vacillent parfois, on comprend vite que l’animosité ressentie pour quelqu’un n’a généralement pas l’importance qu’on lui accorde d’emblée. Et que lui donner de l’importance, c’est donner à cette personne que l’on n’apprécie guère la possibilité d’empiéter sur notre existence.

Lâcher prise, c’est aussi s’ouvrir à la possibilité de voir – finalement – les autres autrement. De mettre des explications sur des comportements, d’aller plus loin que la subjectivité, de s’apercevoir que, par manque de sociabilisation ou en raison d’une éducation fermée, on est moins tolérant que l’on croyait ou aimerait être envers une couleur de peau, une religion, un rang social ou une orientation sexuelle. Lâcher prise, c’est initier le changement. Et pour cela, y a-t-il meilleur temps que maintenant?



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