Chantal Ruel : le choix de la santé mentale

, par Florence Tison.

Notre secrétaire de la semaine est secrétaire médicale en gérontopsychiatrie dans un hôpital de Sherbrooke.

Nous lui avons posé quelques questions.

Depuis combien de temps êtes-vous secrétaire?

J’avais 21 ans, alors ça fait… 34 ans? 34 ans que je suis secrétaire! J’ai commencé dans le domaine du notariat, pendant huit ans à Sherbooke.

Un emploi pour vous?

Ensuite j’ai passé trois ans à Québec dans une clinique d’esthétique, puis je suis retournée à Sherbrooke au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS-CHUS).

Où vous êtes maintenant secrétaire médicale! Comment êtes-vous arrivée là?

J’ai débuté par prendre un cours de commis comptable. J’aimais les chiffres! Par la suite, je me trouvais trop jeune pour aller sur le marché du travail, alors j’ai suivi un autre cours : secrétariat médical.

Je n’ai pas utilisé mon cours médical du tout en sortant de l’école, j’ai plutôt été en juridique. Ensuite j’ai été en clinique privée d’esthétique, et j’ai beaucoup aimé. Mais ce n’est pas du tout la même clientèle que maintenant!

Non, parce que maintenant vous travaillez surtout avec des personnes âgées?

Présentement je travaille en gériatrie, plus précisément en gérontopsychiatrie auprès des personnes âgées qui ont des problèmes de santé mentale. Ce n’est pas du tout le même monde!

Quand on parle de la gérontopsychiatrie, c’est plus du côté humain. C’est du monde vulnérable, donc ça prend une autre approche. Il faut avoir beaucoup d’empathie et d’altruisme pour travailler dans ce domaine.

Quels types de maladies ont-ils, vos patients?

La démence, de la dépression… Ça touche à tout âge, la dépression. C’est très large. Le cerveau est tellement fragile en vieillissant. Même si tu as beaucoup d’études, que tu es intelligent, plein d’argent, le cerveau n’est pas intouchable. C’est ce côté-là qui m’intéresse. Il n’y a pas de favoritisme, tout le monde est égal.

C’est pour ça que vous avez choisi la gérontopsychiatrie?

Dans le domaine hospitalier, on n’a pas de poste tout de suite. J’ai été 10 ans à bouger de chaise. J’ai travaillé dans plein de domaines : physiothérapie, service social, psychologie… Un jour, tu prends de l’ancienneté et tu as la chance de choisir où tu veux aller.

J’ai choisi la gérontopsychiatrie pour y avoir travaillé deux ans en remplacement. J’ai adoré la santé mentale. C’est quelque chose qui me touche beaucoup, les personnes vulnérables. Ça touche une corde de valeurs humaines.

Tu as beau avoir de bonnes qualifications cléricales, mais cet atout d’approche avec personnes âgées vulnérables est très important.

À quoi ressemblent vos tâches?

Mes taches sont diversifiées! Je suis le premier lien avec le patient. Du côté clérical, je m’occupe de la gestion des nouvelles demandes d’évaluation, de l’agenda, de l’horaire des résidents, de l’entrée et la gestion des statistiques, de l’ouverture et fermeture des dossiers, de la correspondance, de la formation de secrétaires… J’ai formé beaucoup de filles!

Qu’est-ce que vous préférez faire?

Peu de personnes aiment faire de la transcription, mais moi j’adore ça. On retape l’histoire du patient, l’histoire de sa vie, comment il est arrivé à sa maladie, tous les diagnostics et les suggestions.

C’est vraiment intéressant! Moi qui aime lire, j’ai une histoire à chaque fois. J’ai même fait du chantage pour conserver cette tâche-là. J’ai dit si tu me coupes la transcription, moi je m’en vais! (Rires)

Vous devez être organisée!

Je suis très ordonnée. Je me suis monté un livre de référence avec mes tâches pas à pas. Tout le monde devrait avoir ça, un livre de son travail au cas où on tomberait malade.

Mon livre détaille le travail pas à pas par onglet, toutes les tâches à faire. C’est facile de se retrouver, ça dit même dans tel tiroir, tel document, telle case! C’est vraiment organisé. Je pense que c’est important pour bien fonctionner.

Quel est votre plus grand défi au travail?

C’est de rendre confortable, et d’enlever l’inquiétude des gens pour qui le mot psychiatrie est tabou, parce que c’est tabou pour les personnes âgées. C’est moi souvent que les patients viennent voir pour parler.

Quand ils arrivent, je les appelle par leur nom. Je leur dis : « C’est moi, Chantal, qui vous a appelé ! », et puis là, ils ont rassurés. Ça prend beaucoup de finesse.

Quel conseil auriez-vous à donner aux adjointes qui voudraient être secrétaires médicales?

Il ne faut pas se décourager! Au début tu bouges beaucoup, mais un moment donné c’est l’équipe qui bouge autour de toi parce que c’est toi le noyau d’information, celle qui rassure, qui gère…

Nous, on est la référence des médecins, des infirmières, des résidents (parce qu’on est un hôpital d’enseignants). Je considère mon travail aussi important que celui des autres membres, et je suis moi-même considérée et appréciée autant que chacun.

Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre emploi?

L’équipe! On vit les bons coups, on a de la complicité, on m’apprécie pour mon travail et aussi pour la personne que je suis, et on me le dit souvent! C’est ca qui fait que j’aime mon travail, mais il y a aussi la santé mentale. J’ai choisi de travailler en santé mentale. Je pourrais postuler ailleurs, mais je suis bien là.

Chaque matin, je me lève et je suis contente d’aller travailler. Je me dis que je vais aller voir mon équipe. On a une belle dynamique!

Il y a des moments plus difficiles?

Quand je me fais remplacer et que je reviens! (Rires)

On a une clientèle pas toujours facile. C’est une boîte à surprise. Quand je réponds au téléphone, je ne sais jamais ce que je vais avoir à gérer. Des fois, c’est pas toujours facile. Il y a des personnes qui ont besoin de parler, il peut leur être arrivé une catastrophe! Il faut les rassurer et les diriger aux bonnes personnes dans des délais convenables. Est-ce que c’est urgent, pas urgent, est-ce que je réponds aux besoins moi-même, ou est-ce que je dérange mon patron…

À chaque jour, tu ne sais jamais ce qui va t’arriver. Il n’y pas de routine. Il faut vraiment être flexible, et c’est ce qui fait le beau côté de mon travail.

C’est un travail qui demande beaucoup de jugement!

Vraiment ! Ça me fait penser aux trois singes de la sagesse. Vous connaissez?

Oui, oui! Il y en a un qui se cache les yeux, un les oreilles et un la bouche!

C’est ça!

Je ne vois rien, tout en ayant un oeil sur tout.

Je n’entends rien tout, en devançant ce qui va m’être demandé.

Je ne dis rien tout en rassurant les patients et mon équipe avec mon sourire.

De sages paroles qu’on pourrait appliquer à bien des postes d’adjointes.



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