Christian Laporte, adjoint et comédien

, par Florence Tison.

Notre secrétaire de la semaine est un homme, et un comédien qui plus est! Christian Laporte travaille depuis plus de trois ans comme coordonnateur dans la firme d’architecture La SHED, à Montréal.

Coordonnateur, pas secrétaire?

Mon titre n’a jamais été secrétaire, même si c’est ça que je faisais. On préfère coordonnateur à secrétaire, mais c’est la même chose. Cette nomenclature m’a toujours fait rire. Je suis un secrétaire!

Un emploi pour vous?

Qu’est-ce qui t’a amené à travailler pour une firme d’architectes?

J’étais déjà un fan de leur travail avant de travailler pour eux. Je les trouve très talentueux, très créatifs. J’ai vu sur Facebook qu’ils cherchaient quelqu’un, et c’est comme ça que j’ai postulé.

Crédit photo : Isabel Rancier

Aimes-tu ton travail?

J’adore! L’équipe est hallucinante, et j’aime l’environnement ouvert du bureau. On travaille tous autour d’une même grande table. Il n’y a aucune cloison. Mais si j’ai de la rédaction ou de la correction à faire, des fois c’est challengeant au niveau concentration!

Il y a aussi quelque chose qui me rejoint dans l’architecture. C’est près de mon premier métier (comédien) sans être trop proche de mon premier métier. Ça reste dans le milieu artistique, alors c’est le fun pour moi. Dans le milieu de la finance, ça pourrait être moins de fun!

Comment es-tu devenu secrétaire?

Ma première job de secrétaire, c’était au théâtre Espace Go, où je travaillais déjà depuis trois ans et demi comme ouvreur, à la billetterie et à l’accueil.

L’adjointe à la direction est partie, et moi j’avais besoin de travailler à temps plein. On m’a demandé si ça me tentait de prendre le poste parce que j’avais de plus en plus de tâches administratives pour lesquelles j’étais efficace.

J’ai été à l’Espace Go un autre trois ou quatre années dans les bureaux. J’ai plus vécu de mon métier de comédien les années suivantes, sans avoir besoin d’un emploi à temps plein.

Qu’est-ce que tu as fait récemment en tant que comédien?

Je viens de finir un show de théâtre en mai dernier : Demain matin, Montréal m’attend de Michel Tremblay. On a été en tournée de mars à avril. Avant ça, j’ai aussi fait Le chant de Sainte-Carmen de la Main.

Comment arrives-tu à coordonner tes deux emplois?

C’est pour ca que c’est une job merveilleuse à La SHED! Ils me permettent de faire les deux! Quand j’ai passé mon entrevue, j’ai été très clair sur ce que j’étais et ce que je cherchais.

C’est un poste qu’ils créaient parce qu’ils avaient de moins en moins de temps pour les tâches administratives. Je leur ai dit : « Je peux faire votre job les doigts dans le nez, mais je recherche une job à temps partiel. Je peux vous donner du temps plein quand je n’ai pas de contrat. Si j’ai une audition, je veux pouvoir y aller. »

On a eu cette entente-là dès le départ. Très souvent, je pars deux ou trois heures du bureau pour aller faire une voix. Quand je m’en vais, ils assurent la partie réceptionniste.

 

Crédit photo : Maxime Brouillet

Comment ils font, quand tu joues au théâtre?

Quand je répétais Demain matin, Montréal m’attend, c’était assez rock’n’roll! J’étais absent deux jours par semaine. Quand je revenais, j’avais plein de Post-it sur le bureau pour les suivis. Mais on s’en est sortis! Si je jouais le soir, je jouais, et le lendemain matin je rentrais.

Si tu trouvais un gros contrat de comédien, quitterais-tu ton emploi?

Il y a peu de gens qui vivent de leur métier dans ce milieu-là (le théâtre). Dans 10 ans, je serais très content si je continuais de travailler à La SHED.

Si je trouve un rôle dans une quotidienne qui me demande quatre jours de tournage pendant un mois, là je ne sais pas comment on va négocier. Mais ils m’ont dit qu’ils étaient ouverts à ça, parce qu’on s’aime! On a développé une relation d’amitié.

Très, très honnêtement, si j’étais confronté à prendre la décision de prendre un gros contrat et de quitter ma job actuelle, j’aurais beaucoup de peine. Principalement à cause de l’équipe, mais j’aime aussi ce que je fais.

C’est comme si j’avais présentement le meilleur des mondes : la stabilité financière et psychologique. J’ai de la job, je suis occupé, je suis valorisé, je parle à du monde, je gère des agendas, je fais le classement, de la correction…

Alors tu aimes être secrétaire aussi!

Ce type de travail-là, c’est quelque chose que j’aime faire. Je suis vraiment un gars de bureau. Il y a des comédiens qui pour gagner leur vie vont être barman ou serveur.

Moi, quand j’étais petit, je jouais au bureau. On avait un orgue à la maison avec plein de pitons. Je jouais dessus à transférer des appels. C’est encore un grand bonheur de recevoir les catalogues de fournitures de bureau. Ça m’excite ben gros!

Le fait que tu sois un homme secrétaire, ça change quelque chose?

Je n’ai jamais senti que ça faisait une différence que je sois un homme. J’ai toujours travaillé dans un théâtre ou une boîte d’architectes. Ce sont des métiers assez ouverts d’esprit, assez libéraux.

Je trouve ça noble, être secrétaire. Je ne comprends pas pourquoi le terme a été réduit dans l’imaginaire collectif. C’est vrai que c’est un subalterne : tu travailles pour quelqu’un. Mais les secrétaires de direction, c’est souvent des femmes, et ces filles-là ont un pouvoir infini. Ce sont elles qui font tout!

C’est super important, cette job-là.

Nous sommes bien d’accord avec Christian!



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