Cynthia Quirion : esthéticienne, puis adjointe à l’enseignement universitaire

, par Florence Tison.

Notre secrétaire de la semaine est secrétaire médicale, mais aussi adjointe à l’enseignement universitaire au CHUS de Sherbrooke. Et elle attend un bébé d’un jour à l’autre!

Nous lui avons posé quelques questions à propos de son parcours.

Qu’est-ce qui vous a amené dans le domaine du secrétariat?

Un emploi pour vous?

Ça part de loin! Moi, j’ai commencé par faire une formation d’esthéticienne. On apprenait tout le système du corps humain. J’étais vraiment intéressée par ce côté-là.

Puis, je me suis rendue compte que ce que je préférais faire, c’est la réception : accueillir les clients, prendre les rendez-vous… À l’école, on recevait les clients qui venaient se faire faire des soins. Il fallait qu’on fasse la réception tour à tour pour accueillir ces clients-là. Les autres se garrochaient pas aux portes pour y aller, mais moi ça ne me dérangeait pas.

Quand j’ai pensé à ce que que je voudrais faire, j’ai combiné tout ça et j’ai trouvé secrétaire médicale. Après un petit moment, j’ai fait mon DEP en secrétariat, et puis après mon ASP.

Depuis combien de temps occupez-vous votre poste?

Je n’ai pas de poste! Je suis sur la liste de rappel. Ça fait trois ans et demi que je suis employée, pis ça fait trois ans que je travaille sans arrêt.

Au moins! Dans quel département travaillez-vous?

Je travaille au soutien à l’enseignement.

C’est la première fois que j’entends ça!

C’est une partie qui est un peu méconnue. C’est que les médecins sont tous professeurs aussi, donc ils enseignent aux résidents, aux externes et aux étudiants en médecine. Nous, on les accompagne dans ces tâches-là.

Il y a deux gros côtés : soit le côté clinique, qui est leur côté de médecin. On va répondre aux appels des patients qu’ils voient en clinique. L’autre gros côté, c’est celui des programmes postdoctoraux : les programmes pour les résidents qui seront un jour médecins. Il faut qu’ils fassent leur résidence pour être considérés patrons, si on veut.

À quoi ressemblent vos tâches?

Si je travaille du côté clinique, c’est de répondre aux appels des patients qui veulent voir leur médecin spécialiste. Il y a aussi la gestion des rendez-vous, les transcriptions médicales à faire, et gérer l’agenda par rapport aux rendez-vous.

Pour les programmes postdoctoraux, on est moins avec les médecins qu’avec les résidents.

Ça prend de cinq à six ans avant d’être médecin spécialiste. On les suit là-dedans. Il y a des formations obligatoires qu’on doit s’assurer qu’ils fassent. Il faut aussi s’assurer que leurs stages vont bien, qu’ils soient réussis.

Vous travaillez des deux côtés lors d’un remplacement?

Ça dépend d’à quel poste on est! En général, on est soit côté clinique ou soit côté programme postdoctoral complètement. Moi, ça faisait un an que j’étais sur la même chaise pour le programme post doctoral. Je ne faisais aucun côté clinique.

Qu’est-ce que vous préférez, entre le côté clinique et le côté post-doctoral?

Ça dépend de comment je file! Le côté clinique est plus imprévisible : il faut éteindre des feux et gérer des problèmes qui vont survenir journée-même.

Au côté postdoctoral, c’est plus routinier. On fait toujours les mêmes tâches au même moment de l’année. En mai, par exemple, les résidents font des stages différents. Nous, on doit prévoir où ils iront, et ils peuvent autant aller à Charles-Lemoyne à Longueuil qu’à Chicoutimi!

Vous attendez un bébé d’un jour à l’autre. Comment fonctionnent les congés de maternité quand on est enceinte et sur la liste de rappel?

Moi, j’ai avisé ma supérieure que je m’en allais à telle date. Quand je vais être prête à revenir, je contacterai la liste de rappel.

Allez-vous perdre de l’ancienneté?

L’ancienneté continue à s’accumuler même quand on est en congé. Souvent, des filles en congé de maternité obtiennent un poste pendant ce temps-là. Pour les secrétaire médicales, c’est un peu plus long. On a un gros bassin de secrétaires, et fonctionne vraiment par ancienneté.

Ça prend du temps avant d’avoir un poste?

Facilement un trois-quatre ans!

De quel côté préfériez-vous avoir un poste, clinique ou post-doctoral?

Si j’ai à choisir, je choisirais clinique! C’est jamais pareil d’une journée à l’autre. Oui, on a des appels et des tâches qui reviennent à chaque semaine, mais jamais les mêmes problèmes. Moi, j’aime ça prendre un problème lorsqu’il faut que je me vire de bord super vite!

Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre travail?

La relation patron-secrétaire. On pense que les médecins ne sont peut-être pas gentils, qu’ils sont super pressés : il faut que ça roule, pis on passe à un autre dossier! Nous, on les côtoie à tous les jour. On développe des liens et on devient leur pilier. Tout tourne autour de nous. Ils sont vraiment reconnaissants de notre travail, pis ça, c’est vraiment le fun!

Quel est votre plus grand défi au travail?

Je dirais l’adaptation, le système D, comme on l’appelle. Quand tu n’as pas de poste, il faut que tu aies cette qualité-là, sinon tu ne réussiras pas à bien faire ton travail. Tu as très peu de formation en arrivant. Il faut que tu arrives à travailler comme la personne qui a occupé le poste durant six mois avant toi. Il faut que tu te débrouilles, que tu poses les questions aux bonnes personnes.

Et qu’est-ce que vous aimez le moins?

L’instabilité, parce que je n’ai pas de poste. C’est le côté qui me stresse le plus. Je sais qu’un jour, je vais avoir un poste pis je n’aurai plus ce stress-là à vivre. Même si je n’arrête pas de travailler, c’est toujours en arrière-pensée : je pourrais arrêter.

Quelle est votre prochaine étape professionnelle?

C’est sûr que dans la fonction publique, nos aspirations sont peut-être un peu brimées. On ne peut pas monter en échelons tant que ça, à moins d’avoir les études qui vont avec.

Alors pour l’instant, la prochaine étape serait d’avoir un poste.

Vous pensez rester là longtemps?

Je ne me vois pas aller ailleurs! Je me vois prendre ma retraite là-bas. C’est sûr qu’en plus, je peux faire d’autres choses, comme des tâches de secrétaire de direction. Si tu es tannée d’un poste, tu es capable de postuler ailleurs pour relever de nouveaux défis et travailler avec une nouvelle équipe. C’est plus facilement dit que fait, mais oui, c’est envisageable. C’est toutes des options qui s’offrent à moi avec les études que j’ai faites.



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