Et le physique, dans tout ça?

, par Florence Tison.

La discrimination liée à l’apparence physique, ça existe encore!

La discrimination basée sur l’apparence corporelle, c’est mal, on est d’accord. Par contre, il est difficile de se protéger d’un jugement qui peut être très varié. « On peut aussi être victime de discrimination parce qu’on est gros, parce qu’on est laid au même titre qu’une personne de couleur de peau noire, » énumère le sociologue Jean-François Amadieu, interviewé par La Presse.

Le sociologue estime que l’apparence influence grandement le recrutement. « On a fait des recherches sur la perception des compétences d’une personne par son physique et il y a un vrai effet sur ses chances d’être recrutée. »

Un emploi pour vous?

Selon une étude réalisée en France par le Défenseur des droits, l’apparence physique serait même « le premier motif de discrimination, et le second est l’âge ».

Dès l’enfance

Aussi tôt qu’à la maternelle, les beaux enfants sont privilégiés, avance le magazine Psychologies. Les professeurs leur accorderaient davantage d’attention et auraient une meilleure opinion d’eux. Ces enfants auraient dès lors plus confiance en eux que les autres qui ne bénéficieraient pas de la même bienveillance.

Les qualités telles que la beauté, la grande taille ou la minceur peuvent bien entendu favoriser la confiance en soi et la facilité à communiquer et à plaire, ce qui est avantageux et même utile dans un milieu de travail. Ces attributs n’ont toutefois aucun lien avec la productivité.

« On est attiré inconsciemment vers une personne qui a un beau physique, mais il faut distinguer la vie privée et le travail, » maintient Jean-François Amadieu.

Pourtant, 50 % des employeurs jugent qu’un physique avantageux est un critère important d’embauche, selon une étude américaine. Notons parmis les critères négatifs le poids excessif, une petite taille, un nez proéminent, de grandes oreilles, un visage disgracieux et même des mains moites!

Une influence sur le salaire aussi

Si l’apparence physique a une incidence sur les chances d’être embauchée, elle en a aussi sur le salaire.

Une étude anglaise conclut que les employés les plus laids perçoivent des salaires de 11 à 15 % inférieurs à ceux de la moyenne nationale. « Si vous êtes blonde et mince, votre salaire sera plus élevé, » confirme le sociologue Jean-François Amadieu, cité par La Presse.

Il est tout à fait naturel que la beauté influence notre jugement sur une personne. Nous sommes tous humains, après tout. Mais le milieu du travail demande plus de neutralité que la vie personnelle.

« Dans les relations amoureuses, on fait ce qu’on veut, souligne Jean-François Amadieu. Dans le domaine du travail, c’est différent. On a du mal à considérer que c’est naturel d’aller vers quelqu’un de beau, de vouloir l’avoir comme collègue et de le recruter. »

Un argument de poids

Des recherches citées par L’actualité nous apprennent que l’obésité a un effet marqué sur le salaire des femmes. Une femme pesant 220 livres sera payée 9 % moins qu’une femme de même taille mais dont le poids est de 150 livres, et ce même si elle est tout aussi productive et en excellente santé.

Pour les hommes, le poids ne fait pas de différence sur le salaire… mais la beauté physique, oui! Les personnes jugées belles, hommes et femmes confondus, auraient un salaire de 7,5 % plus élevé que la moyenne.

Du côté de la loi

La loi nous protège-t-elle de la discrimination basée sur l’apparence physique? Au Québec, c’est nébuleux, constate Droit-inc.com.

La charte des droits et libertés protège le citoyen contre la discrimination liée à l’âge, l’origine ethnique, le sexe, la religion, l’orientation sexuelle, le statut civil, l’handicap et la langue. L’apparence physique n’y est pas spécifiquement mentionnée. Certains emplois exigent même une taille et un poids particuliers, le métier de pompier par exemple.

D’autres aspects de la charte visent plutôt le respect de la vie privée. Par exemple, la décision de se faire tatouer est considérée comme un mode d’expression, rapporte PortailRH.org.

Aux États-Unis, des jugements de tribunaux ont conclu que d’imposer des restrictions physiques lors de l’embauche est discriminatoire lorsque l’apparence physique n’est pas un critère raisonnable de recrutement.

Pour l’instant, au Québec, il faut s’en remettre à la bonne foi des employeurs.



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Les employeurs qui recrutent
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