Féminisation des métiers : un pas de plus pour la Femme

, par Jean-Michel Clermont-Goulet.

L’écriture non sexiste des titres professionnels fait son chemin… mais pas partout! Pourquoi est-ce important en 2019 de féminiser un titre de métier ou de profession?

Les femmes ont accès depuis des décennies à des professions et à des fonctions auparavant réservées aux hommes. Jusqu’à tout récemment, ces professions et fonctions ne correspondaient qu’aux titres de fonction au masculin.

Dans certains cas, la langue disposait d’une forme féminine attestée, mais celle-ci servait principalement à désigner l’épouse du titulaire du poste. Par exemple, la « mairesse » était la femme du maire.

Un emploi pour vous?

Encore aujourd’hui, il reste du travail à faire.

L’écriture épicène, ou non sexiste : mieux au Québec qu’en France!

Un mot « épicène » est un mot qui n’est pas marqué du point de vue du genre grammatical et qui peut être employé sans variation de forme au masculin et au féminin. Une rédaction épicène est donc une pratique d’écriture qui assure un équilibre entre les hommes et les femmes.

L’écriture neutre, épicène et non sexiste est présente dans la Belle Province depuis plus de 40 ans, ainsi qu’en Belgique et en Suisse. En 1979, l’Office québécois de la langue française Québec (OQLF) prenait position en faveur de la féminisation et a présenté des recommandations à cet égard.

Par contre, en France, il n’est pas rare d’entendre « madame le ministre » ou « madame le maire ».

Le 28 février dernier, l’Académie française a d’ailleurs voté à forte majorité pour un rapport sur la féminisation des noms de métiers et de professions, en soulignant au passage qu’il n’existait « aucun obstacle de principe à la féminisation ».

À temps pour la Journée internationale des droits de la Femme, certains diront.

L’exemple de l’AQOCI

En 2013, l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), un organisme dit féministe oeuvrant pour un développement durable et humain, a décidé de mettre sur pied une politique d’égalité entre les femmes et les hommes au sein de l’organisme.

Cette politique d’égalité inclut l’écriture non sexiste, qui vise surtout les textes rédigés à l’interne ainsi que les allocutions.

La responsable des communications à l’AQOCI Hélène Gobeil a affirmé que l’implantation de cette politique s’est faite pour « s’assurer d’une représentation équitable » de la population.

La responsable des communications à l’AQOCI Hélène Gobeil

« Nous étions mal à l’aise avec l’idée du masculin qui l’emporte sur le féminin », avoue Mme Gobeil, en précisant que près de 50 % de la population est de sexe féminin.

Selon le Guide de rédaction non sexiste mis sur pied par l’AQOCI, il existe trois principes « simples » pour élaborer un texte épicène :

Abandonner la mise au masculin des textes par l’utilisation d’un mot masculin pour désigner à la fois les femmes et les hommes;

De penser et rédiger de façon « non sexiste »; ainsi que

Préserver la lisibilité́ et assurer l’intelligibilité́ des textes par le recours aux formes féminines et masculines dans leur intégrité́.

« Parfois, nous utilisons une écriture épicène et, lorsque l’espace est limité, le neutre est de mise, précise Mme Gobeil. On recommande l’emploi du trait d’union sur les mots que nous ne pouvons pas transformer. »

Dans son guide, l’AQOCI affirme aussi que l’utilisation en alternance de la formulation neutre et de la féminisation syntaxique permet « d’éviter la monotonie » et assure des textes clairs et lisibles. L’organisme concède que même dans la rédaction non sexiste, « il existe des instances où la féminisation syntaxique n’est pas de mise ».

Selon Mme Gobeil, la politique interne a « très bien été reçue » auprès des membres de l’organisation, malgré que le tout demande une certaine adaptation.

« Au début, il faut penser quand tu écris », s’est-elle exclamée en riant.

Les entreprises et médias devraient-elles emboîter le pas, comme l’a fait le journal étudiant de l’UQAM, le Montréal Campus ? « Tout à fait, approuve Hélène Gobeil. De plus en plus le font, mais très souvent le masculin l’emporte encore. »

Tableau de féminisation des titres et fonctions

Voici un tableau indiquant comment on peut rédiger les titres en respectant l’écriture non sexiste. À glisser dans ses dossiers!

SuffixeMasculin FémininDoublet abrégé*
simple ajout d’un e(e)
AdjointAdjointeAdjoint(e)
AvocatAvocateAvocat(e)
ChargéChargéeChargé(e)
IngénieurIngénieureIngénieur(e)
MédicalMédicaleMédical(e)
ProfesseurProfesseureProfesseur(e)
ReprésentantReprésentanteReprésentant(e)
en en enne(ne)
MécanicienMécanicienneMécanicien(ne)
TechnicienTechnicienneTechnicien(ne)
er en ère(-ère)
ConseillerConseillèreConseiller(-ère)
eur en euse(-euse)
AcheteurAcheteuseAcheteur(-euse)
ChercheurChercheuseChercheur(-euse)
ContrôleurContrôleuseContrôleur(-euse)
DébosseleurDébosseleuseDébosseleur(-euse)
DéveloppeurDéveloppeuseDéveloppeur(-euse)
ProgrammeurProgrammeurProgrammeur(-euse)
VendeurVendeuseVendeur(-euse)
if en ive(-ive)
AdministratifAdministrativeAdministratif(-ive)
teur en trice(-trice)
AdministrateurAdministratriceAdministrateur(-trice)
AnimateurAnimatriceAnimateur(-trice)
CoordonnateurCoordonnatriceCoordonnateur(-trice)
CorrecteurCorrectriceCorrecteur(-trice)
CréateurCréatriceCréateur(-trice)
DirecteurDirectriceDirecteur(-trice)
ÉditeurÉditriceÉditeur(-trice)
IntégrateurIntégratriceIntégrateur(-trice)
ProducteurProducteurProducteur(-trice)
RédacteurRédactriceRédacteur(-trice)
RéparateurRéparatriceRéparateur(-trice)

*Notes :

On ne met pas d’espace entre le nom masculin et la première parenthèse.

Dans certains cas, il faut mettre un tiret devant le suffixe féminin. Exemples: Acheteur(-euse), Administrateur(-trice), car dans ces cas, il ne s’agit pas d’un simple ajout de lettres comme dans mécanicien(ne),  mais bien d’une terminaison différente.



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Une réponse à “Féminisation des métiers : un pas de plus pour la Femme”

  1. martyne.gagnon

    Je trouve que cette pratique rends les choses plus difficiles pour tout le monde. En effet, il n’est pas rare de voir son CV écarté parce que l’on tenait à féminiser les titre. On m’a même déjà posé la question en entrevue: “Pensez-vous que les femmes sont nettement supérieure? Est-ce pour cette raison que vous avez féminiser tous vos titres, même au sein d’organisation où la pratique n’est pas utilisée?”

    Voilà!

    Ce n’est aussi pas nécéssaire. Je n’exerce pas mon emploi avec ma féminité mais avec ma tête.

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