« J’étais devenue “la folle du 5e étage” »

, par Theodora Navarro.

Facebook. Ses photos, ses messages, ses articles qu’on partage. Sa vie qu’on étale. Le réseau social numéro 1 est devenu incontournable, au Canada comme dans tous les pays développés, envahissant la sphère privée… comme professionnelle. Mais n’est-ce pas dangereux de s’exposer ainsi devant son patron ou ses collègues, fussent-ils des amis ? Des adjointes témoignent.

Audrée a débuté sa carrière dans une multinationale. 22 étages et des milliers de collègues partout dans le monde. Dès le départ, on la prévient : ici, l’esprit est celui d’équipe et l’on se côtoie au bureau, comme en dehors. « Tu vas recevoir des demandes de contacts sur Facebook de tes futurs collègues », la prévient le recruteur dès son embauche. Celles-ci arrivent en masse, et Audrée, qui n’avait jusqu’ici réservé Facebook qu’à un usage strictement personnel, se retrouve obligée d’accepter des demandes de contacts de sa sphère professionnelle.

Dépression

Un emploi pour vous?

« Le problème, c’est que j’étais en dépression à l’époque, une maladie contre laquelle je luttais depuis plusieurs années et que, j’avoue, j’avais tendance à partager avec mes contacts Facebook, sûrement pour trouver un soutien que je n’avais pas forcément dans ma famille… » Le principe de liste privée, Audrée ne le connait pas vraiment. Au début, elle se force à limiter l’évocation de ses états d’âme sur le réseau social. Mais les semaines passant, elle oublie que des collègues la suivent également.

« J’ai écrit que j’allais mal, que je n’avais plus le goût de rien faire. J’ai raconté que je faisais désormais le strict minimum dans ma vie, terrassée par une énorme lassitude… » Les collègues restent muets. Mais un jour, elle surprend dans un couloir une conversation. Elle est « la folle du 5e », celle qui aurait « besoin de se faire soigner ». Alors qu’Audrée prend conscience de l’impact qu’a eu Facebook, elle est convoquée par ses patrons. On lui parle de « malaise dans l’équipe », du fait qu’elle ne s’intègre pas. « J’ai compris qu’on avait rapporté la teneur de mes statuts quand mon boss a parlé du fait que je faisais “le strict minimum”. C’était mes mots. » Un mois plus tard, on lui annonce que sa période d’essai est terminée et qu’elle ne convient pas pour le poste.

Liste privée

Ajouter ses contacts personnels sur Facebook, est-ce vraiment une bonne idée ? Nous vous avons posé la question. Pour Tania, il est ainsi impensable de le faire. « Je souhaite garder une image professionnelle! Je n’écris rien de spécial sur mon mur mais on me tague parfois sur des niaiseries… » Le plupart d’entre vous sont d’accord avec ce principe. Même si vous n’avez rien à cacher, vous avez conscience que les choses pourraient déraper et qu’on ne peut pas tout maîtriser sur un réseau social.

Mais comment dire non lorsque les liens Facebook semblent être la tendance au sein de l’entreprise ? La solution, plusieurs d’entre vous l’appliquent déjà : la liste privée. Eloïse a ainsi créé une liste spéciale pour regrouper ses collègues de travail. À moins qu’elle ne décide de partager ses publications au plus grand nombre, ceux-ci ne peuvent donc voir ses statuts ou ses photos. Lucie, elle, a fait le choix de n’accepter dans ses contacts que deux collègues dont elle est proche. Les autres sont bloqués. Caroline est formelle : « On devrait séparer le travail de la vie privée ». Chacun dans sa liste et votre vie personnelle sera bien gardée!



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