Jeunes secrétaires? Fainéantes !

, par Céline Gobert.

Oui, Lise Lalonde le reconnaît : le monde du droit est misogyne.

« Si les femmes sont plus difficiles, c’est parce qu’elles doivent travailler trois fois plus que les hommes pour devenir associées, explique-t-elle. De là à dire qu’elles se comportent comme des tortionnaires envers leurs adjointes, non ! »

Et, elle sait de quoi elle parle.

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Première femme greffier-audiencier à la Cour supérieure de Montréal au début des années 70, puis aux cours de pratiques civiles et criminelles durant 16 ans, elle a croisé la route de nombreuses femmes-patronnes. Elle y a pris beaucoup de plaisir.

« Elles étaient exigeantes, oui, mais elles pouvaient compter sur moi. Pour être une bonne adjointe, il faut comprendre sa supérieure, la soutenir, être sa partenaire en quelque sorte », déclare Mme Lalonde.

Selon elle, ce souci d’exactitude et de précision exigé par les avocates ne s’apparente aucunement à une forme de mépris envers la secrétaire. Il y a juste, désormais, un immense fossé générationnel.

En quelques années, le rapport au travail des québécoises s’est modifié en profondeur. Nous serions passés d’une époque où celui-ci était considéré comme important et essentiel, à une ère de fainéantise.

« Aujourd’hui, les jeunes adjointes sont fainéantes ! Elles sont le reflet de la société d’enfants-rois dans laquelle on vit. Elles délèguent facilement, tout est toujours trop pour elles, on ne peut pas leur demander la même chose qu’il y a 15 ou 20 ans », confie Mme Lalonde.

Conflit de générations

Cette fainéantise quotidienne, elle en a été le témoin, toutes ces dernières années en tant que réserviste.

« Dès qu’on leur demandait quelque chose de plus fouillé, avec plus de détails, ça ne les tentait pas. Elles préféraient parler au téléphone. On les dérangeait », dit-elle.

Selon elle, plus elles sont jeunes, plus le phénomène s’accroît.

« J’en entends beaucoup se plaindre aussi que l’on embauche des immigrés… J’ai envie de leur répondre : travaille et tu ne seras pas remplacée par des immigrés ! » s’exclame-t-elle.

Du coup, ce débat sur la femme-patronne, méprisante envers sa secrétaire, l’a plutôt faite sourire.

« La mesquinerie est partout. C’est tout le monde en général. Pas uniquement les femmes ou les avocates. J’aurais même tendance à dire que les hommes se révèlent bien plus tortionnaires et “insecures” que les femmes au quotidien », affirme-t-elle.

Ainsi se souvient-elle de l’une de ses collaborations, plus pénibles que les autres, avec un patron… homme.

« Il était très pointilleux, au point d’en devenir maniaque, de vérifier les points-virgules. En tant qu’adjointe, j’ai toujours constaté plus de mépris provenant des hommes que des femmes », indique Lise Lalonde.

Quant à savoir s’il faut préférer le terme « adjointe » à celui de « secrétaire », voici ce que répond Me Lalonde :

« Effectivement, aujourd’hui on parle « d’adjointe » plutôt que de « secrétaire », le but étant d’élever un peu le poste dans les termes, d’y induire l’idée d’un partenariat », explique-t-elle.

Plutôt ironique au final donc ?

« Oui ! Avant, je voyais des avocates travailler 10 heures par jour, sans se plaindre, c’était normal. Je voyais de jeunes avocats venir au bureau avec leurs sacs de couchage. Aujourd’hui, les jeunes adjointes travaillent 6h ou 7h maximum. Les mentalités ont changé », conclut Mme Lalonde.



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