Secrétaires d’Heenan Blaikie: «C’est comme dans Titanic»

, par Secretaire-inc.

Annie et Catherine (les prénoms ont été changés) sont employées chez Heenan Blaikie depuis plusieurs années. Si on leur avait dit lors de leur embauche que le sort du cabinet serait scellé quelques années plus tard, elles auraient ri. «Heenan Blaikie, c’était pas rien, c’est un géant du droit au Canada», indique Annie.

Pourtant, la semaine dernière, le cabinet a annoncé sa dissolution. Et chez les assistantes juridiques, c’est l’incrédulité: «On pensait plutôt à une restructuration et à une réorganisation interne», explique Catherine.

Depuis plusieurs semaines, l’associé pour lequel elle travaille examinait des documents de gestion interne, mais rien dans son attitude ne laissait présager une telle issue.

Un emploi pour vous?

Cet été, le cabinet avait déjà opté pour des changements dans son organisation. D’une adjointe par avocat, le ratio avait été ramené à une pour deux. S’en sont suivis de nombreux départs.

«On redoutait le vendredi: les concernés étaient appelés à 11 heures, et à midi, ils étaient escortés jusqu’à un taxi», se souvient Catherine. Si le climat était tendu, les choses s’étaient apaisées en septembre et le cabinet recrutait de nouveau.

Silence total

À leur arrivée sur leur poste de travail le lundi 3 février, on leur annonçait l’arrêt des services d’hôtesses et de messagers, sans explication supplémentaire. Deux réunions ont suivies, sans que les assistantes obtiennent plus d’informations sur l’avenir de leurs postes.

L’avocat responsable les a assurées que le cabinet respecterait ses obligations à leur égard, mais aucun éclaircissement ne leur a été apporté sur le sort de leurs indemnités, REER et vacances. «Malgré nos courriels, c’est silence total depuis cette réunion», indique Annie.

«Il y a une véritable pression pour qu’on trouve un autre emploi et qu’on démissionne, explique Catherine, dont la boîte courriels est inondée d’offres envoyées par les ressources humaines. On nous interroge aussi constamment pour savoir si tel ou tel collègue a déjà trouvé un emploi.»

Certaines adjointes ont la possibilité de suivre l’avocat pour lequel elle travaille dans son nouveau bureau – allant jusqu’à accepter une baisse de salaire de plus de 7 000 dollars – mais beaucoup d’entre elles restent dans l’incertitude la plus totale quant à leur avenir.

Suspicion

Le climat est tel que le personnel ne peut sortir d’effets personnels du bureau sans avoir obtenu une autorisation au préalable, et avoir envoyé une photographie de l’objet à reprendre. «Si on quitte après 17 heures, on nous demande d’ouvrir notre sac à la sortie !»

Malgré tout, les deux adjointes juridiques continuent de prendre leur poste à l’heure. Selon Annie, tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier et certains valent la peine qu’elles viennent chaque matin. «C’est un peu comme dans Titanic, certains vous bloquent et d’autres vous aident à sortir…»



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