Si je n’étais pas secrétaire, je serais…

, par Secretaire-inc.

Diane Cyr a 60 ans, vit à Grand-Mère en Mauricie et est secrétaire depuis six ans pour l’entreprise A Plus Construction. Elle est entrée dans le métier en 1969, n’en est jamais ressortie. C’en fait un bout! Secrétaire-inc lui a parlé…

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans le métier de secrétaire?:

J’ai fini mes études en 1969, avec ma 12e année commerciale. Au moment de mon orientation, j’hésitais entre l’enseignement de l’anglais ou le secrétariat. Il faut savoir que j’ai un père comptable et que, par conséquent, j’étais plus poussée vers le deuxième choix.

Un emploi pour vous?

Qu’est ce qui a finalement fait pencher votre décision?:

Il y a eu une grève à la commission scolaire cette année-là et j’ai donc renoncé à l’enseignement car je ne voulais pas être syndiquée. À partir de là, j’ai eu cinq emplois différents la première année pour finalement me diriger dans une entreprise de construction, où j’ai été secrétaire-réceptionniste.

Quel est le métier que vous auriez pratiqué si vous n’aviez pas été secrétaire? Est-ce toujours l’enseignement?

Pas spécialement. Je me serais dirigée dans les relations publiques. J’adore ce monde, j’ai énormément de facilité à communiquer avec les gens autour de moi, j’ai une très bonne élocution… Quand j’étais plus jeune, j’étais toujours celle à présenter les spectacles de fin d’année, à prendre la parole en public, bref j’ai un talent dans la communication.

Si vous aimiez autant ce domaine, pourquoi n’avez-vous pas poursuivi ce rêve?

Écoutez, on peut dire que je l’avais commencé. En 1976, j’ai été engagée à TVA. Le monde de la communication s’est ouvert à moi. Le problème c’est qu’en 1983 j’ai eu mon premier enfant et qu’à la suite de cela, je n’ai pu travailler qu’à temps partiel. Ce que TVA n’offrait pas. Lorsque les années sont passées et que mon fils a grandi, je n’ai pas vraiment eu le courage de recommencer une formation en communication. Le moment était passé.

Avez-vous des regrets aujourd’hui?

Oui, je pense. Celui de ne pas avoir pris l’opportunité de me lancer dans une formation en communication. J’aurais beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé être dans ce domaine, le monde des médias, l’approche des gens, c’est quelque chose qui fait partie de moi. Aujourd’hui, je me contente de voir le monde en tant que spectatrice, je vais à des spectacles, des évènements. Mais qu’on se le dise, dès que j’ai l’occasion de discuter avec une personnalité, je le fais!

En y repensant, ressentez-vous de l’amertume ou de la tristesse?

Cela va paraître prétentieux mais, pardonnez l’expression, j’ai toujours eu assez de gueule pour faire ce que je veux. J’ai toujours fait ce que je voulais, ce que j’aime et je ne suis jamais restée quelque part où je n’étais pas bien. Tous les postes que j’ai occupés ou quittés ont été des choix.

J’ai toujours pris la vie de façon relax. Ce que je ne contrôle pas, je le laisse de côté. C’est ça la clé du bonheur : se lever le matin et se dire que l’on fait quelque chose que l’on aime. Et tout ce qui compte pour moi, c’est l’appréciation de mon travail. Je suis fière aujourd’hui de pouvoir regarder en arrière et me dire que j’ai, en partie, eu le choix et que je suis allée au bout de ces choix.

S’il y a un évènement que vous changeriez dans votre vie professionnel, quel serait-il?

(Sans hésitation) C’était en 1971. Je travaillais donc comme secrétaire-réceptionniste à Montréal dans une agence d’importation de textile et un jour, j’ai reçu un appel d’Hydro-Québec. Ils voulaient me passer en entrevue et moi, du haut de mes 18 ans, j’ai répondu «non merci, j’ai déjà un emploi».

Je pense que c’est la grosse erreur de ma vie et c’est là que je ferais le changement. J’accepterais cette entrevue, j’irais voir ce que l’on me propose. Ne serait-ce qu’à cause du gros fond de pension qu’ils fournissent. Si j’avais accepté ce poste, ma retraite serait bien meilleure!

Avez-vous un conseil à donner aux femmes qui, comme vous, ont un rêve qu’elles n’osent pas entreprendre?

Le secret du succès c’est de décider d’être heureux. Nous passons 90% de notre temps au boulot, c’est-à-dire que l’on voit plus nos collègues et notre patron que notre conjoint! Il faut donc s’assurer de faire quelque chose que l’on aime. Cela se reflète sur tout. Ce n’est pas une question d’argent, trop de gens assimilent bon travail avec bon salaire. Mais le travail c’est le bonheur et le bonheur c’est comme la santé, il n y a pas d’argent pour le remplacer. J’ai déjà refusé un poste payé 7$ de plus de l’heure. Pourquoi? Parce que je savais que je ne serais pas bien.

Oui, c’est ça le vrai bonheur : réussir sa vie, plutôt que de réussir dans sa vie.



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