Souvenirs d’une secrétaire

, par Secretaire-inc.

De la fin des années soixante jusqu’à sa retraite en mai 2012, Francine Sanschagrin a été secrétaire. Cette ricaneuse n’a que de bons mots à partager sur sa vie professionnelle. Ou presque…

Quel a été votre cheminement professionnel?

J’ai commencé ma carrière pour Les vaches Holstein. Comme je n’avais pas mon anglais, ça n’a pas fait long feu. J’ai ensuite travaillé pour la Commission scolaire de Montréal pendant environ six ans. Ensuite, je suis allée deux ans à Ottawa pour apprendre l’anglais. J’écrivais les résumés des débats à l’Assemblée nationale. J’aimais beaucoup ça. Mais comme les gens là-bas me parlaient toujours dans ma langue, je suis revenue à Montréal avec un anglais aussi pire qu’en partant! (rires)

Un emploi pour vous?

J’ai par la suite trouvé un poste dans une manufacture de bijoux. J’étais au comptoir, je voyais des gens, je prenais les commandes, je divisais des bijoux reçus en paquets et je les mettais dans des enveloppes. Après la faillite de cette entreprise, j’ai suivi huit mois de cours, grâce au chômage, pour me remettre à jour en secrétariat. J’ai appris à travailler avec les nouveaux équipements, les photocopieurs, les ordinateurs…

Puis, durant ma recherche d’emploi, il y a eu une grève d’autobus. Je suis donc allée porter mon cv à vélo chez un grossiste de papiers peints. (pouffée de rires) Ils ont été tellement surpris que je sois la seule à m’être déplacée malgré la grève dans les transports qu’ils m’ont embauchée. J’y suis restée deux ans. Après, j’ai été 15 ans secrétaire à l’évaluation des propriétés pour des inspecteurs. J’ai beaucoup aimé aussi. J’étais seule dans le bureau : j’ai mis les choses à ma main. Et j’ai terminé ma carrière dans le domaine de la santé, où j’ai travaillé trois ans avec bonheur.

Quels sont vos souvenirs marquants de toutes ces années?

(éclat de rires ) J’en ai plusieurs. Chez les inspecteurs de propriétés, quand mon patron est décédé il y a cinq ans, j’ai été mise à la porte pour incompétence… Après quinze ans de service! Et c’était à moi de prouver mon savoir-faire au chômage! J’ai plutôt cherché un autre emploi, que j’ai trouvé rapidement.

Je me souviens aussi de mon cours commercial. Pour devenir secrétaire, c’était deux ans de formation après la dixième année. À l’époque, on apprenait la dactylo avec un métronome. C’était tellement stressant. Il fallait qu’on suive la cadence et qu’on tape toutes en même temps. C’était affreusement énervant!

J’ai aussi vu quelques injustices. Des postes obtenus grâce aux connections, par exemple. Et j’ai compris que parfois, posséder trop d’expérience peut se retourner contre toi, quand l’employeur privilégie les moins expérimentés pour économiser sur le salaire.

Qu’est-ce qui vous reste de positif ?

J’ai appris à ne pas endurer des patrons difficiles et à dire les choses, poliment bien sûr. Je différencie mieux ce qui m’appartient de ce qui est de la responsabilité de l’autre. Avant, j’avais la culpabilité facile. J’ai pris confiance en moi avec les années. J’ai rencontré énormément de gens et j’ai ainsi développé mon adaptabilité. Aujourd’hui, je me retourne sur un dix sous. Ah et, j’ai appris à être à l’ordre. Ou bien, à me retrouver dans mon désordre. (rires)

J’ai raffolé de mes années de secrétariat, mais je ne m’ennuie jamais comme retraitée. J’ai tellement plein d’activités. J’écris de la poésie, j’ai fait du bénévolat, je peins. J’ai toujours suivi des cours durant ma vie. Là, c’est le temps de pratiquer tout ce que j’ai appris!

Avez-vous un conseil pour les débutantes?

Je dirais : Lève la tête et fonce!



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