Toutes coupables!

, par Louise Proulx.

Au Québec, avec notre héritage judéo-chrétien, on a la culpabilité facile. Un oubli, une erreur et vous voilà partie pour une nuit d’insomnie : « Pourquoi j’ai fait ça ?» « J’aurais donc dû… », « Suis donc bien nouille… ». Comment faire taire cette petite voix harcelante qui prend le contrôle de vos pensées ? Le psychologue, Yves-Alexandre Thalmann, interrogé par le site L’Express l’Entreprise, donne quelques conseils pour combattre la bête noire.

D’abord, sachez que toute culpabilité n’est pas mauvaise. Une remise en question des gestes commis ou des paroles dites peut parfois être très utile et saine pour empêcher une injustice. La clé est dans la capacité de faire la part des choses entre vos responsabilités et celles de l’autre. Voici quelques exemples concrets :

Coupable de votre rudesse : Vous avez répondu de façon beaucoup trop sèche à Nadia qui vous demandait une faveur ; vous n’y êtes pas allée avec le dos de la cuillère. Du coup, vous avez gâché la journée de la pauvre fille. Solution : Oui, vous avez été très « bête » ; c’est pas une raison pour ruminer. Allez de ce pas exprimer à votre collègue votre regret d’avoir manqué de délicatesse, mais gardez vos positions sur la faveur que vous ne pouvez pas lui accorder. Si elle reste fâchée, cela ne vous appartient plus.

Un emploi pour vous?

Coupable de votre réussite : De façon tout à fait réglo, le patron vous a offert une belle promotion. Sandra est en furie ! Du coup, vous vous sentez mal : « Pourquoi moi et pas elle ? » Vous voilà atteinte du syndrome de l’imposteur en vous demandant si vous êtes réellement la meilleure personne pour faire ce travail. Solution : Bien sûr, il y aura toujours quelqu’un de meilleur que vous, mais il y aura aussi toujours quelqu’un de moins bon. Il se trouve que votre patron, lui, vous accorde sa confiance. C’est sûrement que le méritez.

Coupable de votre peur : Le comptable de l’entreprise suggère de couper dans les dépenses parce qu’il y a un manque important à gagner. Or il se trouve que vous savez de source sûre que Maxime, votre collègue, trafique ses dépenses allègrement. Vous vous sentiriez coupable de dénoncer Maxime, mais vous vous sentez encore plus coupable et complice de ne rien dire. Solution : Ne laissez pas traîner ce malaise et allez voir Maxime. Dites-lui d’arrêter son petit manège sans quoi vous le dénoncerez. Il n’aura d’autres choix que d’assumer ces gestes.

Coupable de connaître une information : C’est passé dans les mailles du filet : vous savez que votre collègue Yvon sera rétrogradé. Vous vous rongez de culpabilité. Si vous lui apprenez, ce pauvre Yvon sera déçu et il souffrira. Vous ne voulez pas lui faire cela même si vous n’avez rien à voir avec cette décision. Solution : Si Yvon était au courant, il pourrait réagir, alors mettez de côté votre peur de lui déplaire et mettez-le au courant de la situation tout en proposant votre aide.

Coupable de votre erreur : Vous aviez pourtant promis ! Comment avez-vous pu oublier d’envoyer ce dossier important à monsieur Bergeron ? C’est une saine culpabilité ; c’est votre faute et vous le reconnaissez. Solution : Présentez vos excuses et demandez comment vous pourriez réparer votre gaffe. Si vous avez des idées, suggérez-les ; vous n’êtes pas obligée d’aller au coin, en punition, comme à l’école primaire.



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