Travail: «Avec les Québécois, je me contrôle»

, par Secretaire-inc.

Destructrice ou efficace, la critique ne laisse personne indifférent. Mais que préférez-vous, qu’on vous dise les choses en face, ou qu’on prenne des pincettes?

En fonction du lieu où l’on se trouve, les mœurs ne sont pas les mêmes. La critique non plus. Autant, dans certains pays, on vous dira vos quatre vérités en face, autant on ménagera votre sensibilité sous d’autres cieux. Le cas de Karima, secrétaire, est révélateur.

Française, elle est venue une première fois au Québec durant un an avec un PVT. Depuis, elle a fait une demande de résidence permanente.

Un emploi pour vous?

Karima raconte que, tout au long de cette année d’immersion, elle avait le sentiment d’être constamment «en contrôle» lorsqu’elle était avec des Québécois. L’avantage qu’il y a avec Montréal, selon elle, c’est la mixité culturelle. Cette même mixité lui permet de faire quelques écarts de langage.

«En fait, donner son opinion sans avoir le sentiment de passer pour une maudite Française», précise t-elle.

Frontale ou feutrée?

Karima souligne que, si les natures sont différentes, les façons de faire aussi :

«Un Français donnera facilement son opinion sans forcément se soucier de la réaction de son interlocuteur, considérant qu’exprimer son opinion, c’est surtout être honnête avec l’autre et avec soi-même. Un Québécois aurait plutôt tendance à suggérer…»

Pour elle, la critique ne doit pas être frontale, car elle est interprétée comme négative et donc source de désaccord. Ceci entraînerait à coup sûr un débat que le Québécois tentera d’éviter.

«A travers le programme SIEL, le service d’intégration en Ligne offert par le gouvernement québécois aux futurs migrants, le sujet est largement abordé. L’exemple donné était le suivant : lors d’une réunion, il est préférable d’intervenir et faire connaître son opinion avant ou après l’intervention du responsable, tandis qu’en France, on pourrait tout aussi bien l’interrompre pour poser une question qui soulèverait un problème».

«S’autocensurer»

Elle tient toutefois à préciser que ceci n’est pas une vérité unique, même en France vous pouvez rencontrer des collègues qui éviteront un conflit direct en s’autocensurant.

«Rien que le mot que je viens d’utiliser est révélateur de mon mode de communication : dans l’esprit d’un Français, ne rien dire, c’est adhérer.»

Pour Karima, «le Québécois est aussi capable d’exploser de colère à force de réprimer ses sentiments. J’en avais fait les frais avec mon premier colocataire pour une question anodine. M’avait-il fait une remarque que je n’avais pas relevée ?» Karima se questionne encore.

Elle souligne aussi cet autre exemple, télévisuel cette fois: le programme «Tout le monde en parle». Pour Karima, la version originale est française, les critiques y sont acerbes, cyniques, brutales… alors que la version québécoise est nettement plus amicale et consensuelle. Pourtant le concept est le même, des décors aux thèmes abordés.

«Mais mon avis n’engage que moi, précise Karima. Il ne représente pas forcément l’avis de tous les Français qui vivent au Québec…»



Partagez cette nouvelle!

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Les employeurs qui recrutent
  • Pillière Bolduc Notaires
  • Desjardins
  • La Presse
  • Gowling WLG
  • Espace Physio Forme Inc
  • Collège Inter-Dec
  • ZSA
Recevez les derniers articles Carrière
et offres d'emplois directement dans votre boîte de réception!
Vous avez des questions?
Nous sommes ici pour vous aider.