Une touche bourguignonne au Québec

, par Secretaire-inc.

Pour preuve, les deux vins que je vous suggère cette semaine.

Tous deux produits par des vignerons qui, malgré leurs grandes différences dans la façon de travailler et de se promouvoir, se ressemblent beaucoup car ils ne font comme personne d’autre dans le petit monde viticole québécois, tracent leur chemin, envers et contre tous et, le plus important, leurs vins sont bons.

Pour la première fois sur le millésime 2011, le domaine Carone, à Lanoraie dans Lanaudière produit un pinot noir à 100%. Certains noteront que ce n’est pas la première fois pourtant que l’on voit cette étiquette, Venice pinot noir. Mais dans les millésimes précédents, le bouillant vigneron, connu pour ses retentissants coups de gueule à l’endroit de l’industrie viticole québécoise qu’il trouve parfois trop amorphe, pouvait y ajouter jusqu’à 25% d’autres cépages hybrides, pour lui donner structure et couleur. En 2011, il a jugé son pinot assez mature pour s’exprimer seul dans la bouteille. Un choix judicieux. Le pinot est un des cépages les plus capricieux à travailler, tant au champ que dans le chai, mais un des plus délicat qui soit dans le verre. Bref, en 2011, ce pinot démontre au nez un beau fruit rouge mur, des arômes de sous-bois et de champignon. Du pinot sans maquillage quoi! La bouche est tendre, gouleyante, les tanins sont soyeux, il y a de la fraicheur, du fruit rouge acidulé, des épices. Pas encore le pinot le plus complexe et le plus racé qui soit, mais un beau style, classique et tout en élégance, plutôt qu’en puissance comme on le voit parfois dans le Nouveau-Monde. Le prix est justifié, en regard de la charge de travail que représente la production d’un tel vin sous nos cieux.

Un emploi pour vous?

Vignoble Carone, Venice Pinot Noir 2011, Code SAQ : 11345258 , 36$

Voilà de grands chardonnays. Pas des bons chardonnays pour le Québec, mais des bons chardonnays. Point. D’ailleurs, il y a quelques années, un des plus éminent criminaliste de la province et grand amateur de vins m’avait avoué avoir été complètement bluffé lorsque dans un restaurant, on lui avait servi ce vin sans lui en donner la provenance. Il se croyait en Bourgogne. Pour ce splendide millésime 2012, le brillant vigneron Michael Marler, dont le domaine est certifié en biodynamie, a décidé pour la première fois de produire deux cuvées de chardonnay plutôt que d’en assembler une seule. C’est que ses deux principales parcelles en ce généreux millésime se sont exprimées très distinctement. Je n’ai pas encore goûté les assemblages finaux, l’embouteillage datant de quelques semaines seulement. Mais j’en ai goûté des échantillons directement des barriques ce printemps. «Les rosiers», issu de vignes plus jeunes, jouait sur la fraicheur et l’équilibre, les petits fruits blancs tels la pêche et la poire, et un joli côté floral. Que de plaisir pour 25$ ! «Le couchant», ce sont des vignes de 22 ans, profondément enracinées à pourtant seulement 20 mètres des autres, mais sur un sol complètement différent. Celui-là est d’une grande minéralité, salin, avec une belle tension, un boisé élégant et des arômes de feuilles d’érable séchées et de ciron. Une grande complexité. Superbe. À aller vous procurer sans tarder au domaine, à Farnham. Ça part vite.

Pour découvrir d’autres produits québécois, vous pouvez aussi participer, pour les deux prochains weekends, à la fête des vendanges de Magog-Orford.

Les Pervenches, chardonnay «les rosiers» 2012 et «le couchant» 2012, 25$ et 32$



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