À l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes, rendons hommage aux adjointes, au cœur de toutes les entreprises et organisations québécoises.
Le métier d’adjointe est majoritairement exercé par des femmes. Un métier stratégique. Un métier essentiel. Mais un métier reconnu à sa juste valeur ?
Une profession presque entièrement féminine
Au Québec comme ailleurs au Canada, la profession d’adjointe administrative est occupée en très grande majorité par des femmes; près de 90 %, en fait, selon les classifications professionnelles.
Ce simple chiffre en dit long. Il rappelle que les enjeux liés à la reconnaissance du métier sont indissociables de ceux, plus larges, touchant le travail des femmes : valorisation, équité salariale, évolution de carrière et équilibre travail - vie personnelle.
Un rôle central dans les organisations
Les adjointes réalisent une grande diversité de tâches au quotidien: coordination d’équipes, gestion d’agendas complexes, préparation de documents stratégiques, communication interne et externe, soutien logistique, soutien aux directions, organisation d’événements, gestion de crises, graphisme, gestion des réseaux sociaux, etc.
Les adjointes sont par conséquent au carrefour de l’information et des opérations. Elles assurent la fluidité, la cohérence et souvent la stabilité des équipes. Dans tous les secteurs d’activité, juridique, municipal, santé, PME, grandes entreprises, elles constituent la colonne vertébrale administrative.
Pourtant, ce rôle central est rarement mesuré en indicateurs de performance visibles. L’impact de ces professionnelles est réel, mais souvent diffus.
Formation et compétences : un niveau élevé
Contrairement aux clichés persistants, le métier d’adjointe exige aujourd’hui des compétences avancées: maîtrise des outils numériques, gestion de dossiers multiples, sens de la communication aiguisé et diplomatie, rédaction professionnelle, mise en page et graphisme, multilinguisme, organisation stratégique… Qui plus est, elles doivent se former continuellement, de manière à répondre aux transformations agiles de leurs organisations.
Les adjointes détiennent donc, pour la plupart, des diplômes collégiaux, voire universitaires. Leur rôle évolue même vers celui de bras droit stratégique lorsqu’elles occupent des postes d’adjointes exécutives.
La profession d’adjointe s’est ainsi transformée. Mais la perception, elle, tarde parfois à suivre.
La question de la reconnaissance
Si les adjointes sont essentielles au fonctionnement quotidien des organisations, leur reconnaissance reflète-t-elle cette réalité?
Cette reconnaissance peut prendre plusieurs formes : salaire et avantages sociaux, perspectives d’avancement, inclusion dans les décisions stratégiques, etc.
Or, dans cette profession historiquement féminisée, les mécanismes de valorisation ont longtemps été plus lents à évoluer. Ce constat n’enlève rien aux avancées réalisées, mais il invite à réfléchir.
Et maintenant?
En 2026, le rôle d’adjointe n’est plus un simple rôle de soutien. Il est organisationnel, stratégique et transversal.
La Journée internationale du droit des femmes est l’occasion de poser une question simple : si les adjointes sont essentielles à 100 %, leur reconnaissance l’est-elle autant ?
Valoriser la profession, ce n’est pas seulement ajuster une perception. C’est reconnaître concrètement la contribution d’un métier qui constitue le pilier de nos organisations au quotidien.