Secrétariat, bureautique, comptabilité… Les personnes avec une expérience sur le terrain ou à l’étranger peuvent décrocher des diplômes reconnus au Québec en s’engageant dans une démarche flexible et gratuite : la RAC.
Moins connu dans le secteur administratif, que dans celui de l’automobile ou du tourisme, la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) en formation professionnelle est une démarche qui permet de faire évaluer et reconnaître officiellement les compétences acquises grâce à des expériences de vie et de travail en fonction d’un programme d’études.
Gratuite et personnalisée, la RAC s’adresse aussi bien aux personnes qu’aux entreprises qui souhaitent qualifier leur personnel. Comme l’indique Roxanne Bourgeois-Charette, conseillère pédagogique RAC pour le Centre de services scolaire des Samares, « la RAC permet d’obtenir un diplôme, de meilleurs emplois et de meilleures conditions de travail. On change la vie des personnes qui n’ont pas toujours le luxe de retourner sur les bancs d’école. »
Quels RAC, et pour qui ?
Il existe à travers le Québec plusieurs spécialités administratives de RAC qui aboutissent à la diplomation en DEP, ASP, AEC/DEC. Par exemple, au Centre de services scolaire des Samares, on peut décrocher un DEP en secrétariat ou un ASP en secrétariat médical. Mais on peut aussi choisir le Collège de Maisonneuve pour obtenir un AEC d’adjoint·e de direction ou de comptabilité et gestion – gestion des ressources humaines, le Cégep de Limoilou pour un DEC en techniques d’administration et de gestion, le Cégep de St-Jérôme pour un AEC en coordination de travail de bureau… Les institutions qui proposent ce genre d’accompagnement sont nombreuses, tout comme les RAC possibles.
Qui peut s’inscrire à une RAC ? Eh bien, toute personne qui souhaite ses compétences soient reconnues officiellement.
« Il peut s’agir de personnes sans diplôme officiel désirant obtenir une diplomation pour améliorer leur employabilité. Mais aussi travailleurs expérimentés souhaitant certifier leur expertise, d’adultes en réorientation professionnelle voulant valider leur expérience dans un nouveau domaine, de travailleurs autonomes souhaitant valoriser leur savoir-faire. Et bien sûr, de personnes issues de l'immigration cherchant à faire reconnaître leurs compétences pour mieux s'intégrer dans le marché du travail », explique Mme Bourgeois-Charrette.
Fonctionnement de la RAC
La démarche de la RAC est toujours personnalisée, car chaque personne a un parcours unique. Par conséquent, après l’entrevue de validation et l’évaluation des compétences, les candidats sont dirigés vers l’acquisition des compétences manquantes. Cette étape peut se faire de différentes façons : autoformation en présentiel ou en ligne, retour à l’école si les préalables scolaires sont remplis, apprentissage par les pairs en entreprise, etc. « La RAC est un processus flexible, qui s’adapte à la réalité de chaque personne », confirme la conseillère.
Puis, une fois les compétences nécessaires acquises, les candidats sont évalués et diplômés si leurs notes sont concluantes. C’est aussi simple et efficace que cela.
D’ailleurs, les résultats parlent d’eux-mêmes, puisque juste pour la RAC menant à l’ASP en secrétariat médical du CSS des Samares, plus de 150 personnes se sont jusqu’à maintenant inscrites aux séances d’information, plus de 80 ont participé aux séances virtuelles, 67 se sont engagées dans le processus, et 8 sont diplômées. « Et ce n’est qu’un début ! », lance Mme Bourgeois-Charrette, ravie.
Les entreprises aussi invitées à participer
Les employeurs gagnent aussi à leur proposer de suivre une démarche de la RAC. Pourquoi ? Parce que cela leur permet d’identifier précisément les compétences réelles de leurs employés, ainsi que les besoins en formation. Ils ont effectivement tout à gagner à avoir une main-d’œuvre qualifiée, plus organisée et plus productive.
De plus, engager ses employés dans une formation améliore la rétention et la compétitivité de son entreprise. Avec en prime la possibilité de mesures avantageuses, comme le remboursement de salaire durant la démarche.
« Dans notre CSS des Samares, nous avons par exemple lancé un projet avec le CISSS de Lanaudière qui répond à un besoin bien réel sur le terrain : permettre à des agentes et agents administratifs d’évoluer vers le secrétariat médical, un métier en forte demande, grâce à la RAC », mentionne la conseillère.
Bref, les RAC en administration constituent une excellente piste de formation continue comme de diplomation. Bon à savoir, n’est-ce pas ?