Andrée et son histoire de harcèlement au travail

, par Louise Proulx.

Andrée Ouellet, 53 ans, vit à La Baie, dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean. Elle a toujours été une secrétaire heureuse au travail, sauf les trois mois durant lesquels elle a subi les sautes d’humeur et le harcèlement psychologique d’une collègue enragée dans une clinique médicale.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans cette clinique?

J’ai travaillé comme commis de bureau pour l’Agence de revenu du Canada où j’ai été heureuse et bien traitée pendant 23 ans jusqu’à ce qu’il y ait des coupures budgétaires à cause desquelles j’ai dû quitter parce qu’on ne me donnait que des contrats de courtes durées. J’ai alors postulé dans une clinique médicale qui m’a engagée et c’est là que j’ai été victime de harcèlement. Ça n’a duré que trois mois, mais trois mois épouvantables. Une de mes collègues de la clinique m’a prise en grippe. Elle criait à tue-tête après moi, même devant les patients : « C’est pas comme ça qu’on fait ci, c’est pas comme ça qu’on fait ça! » Elle « garrochait » des affaires, me répondait bête ou pas du tout si je lui posais des questions. L’atmosphère était terrible, plus personne ne me regardait et elle, elle me regardait toujours avec une grosse face fâchée.

Un emploi pour vous?

Comment avez-vous vécu cela?

C’était terrible. C’est l’aventure la plus traumatisante que j’ai vécue. Il m’est arrivé d’être prise de tremblements. À trois reprises, je suis sortie en douce par la porte d’en arrière pour me rendre à l’urgence tellement je n’étais pas bien.

Vous avez donné votre démission?

Non. En fait, je suis allée voir deux médecins de la clinique pour leur parler de ce qui se passait. Ils comprenaient. Elle avait fait d’autres victimes auparavant. Ils ont préféré me laisser partir en prétextant une restructuration parce que la mettre à la porte, elle, c’était coûteux et compliqué.

Êtes-vous restée marquée par ces événements?

C’est sûr. Je ne dormais plus. J’ai été très fragile pendant un bon six ou sept mois. Je me demandais sans cesse : « Qu’est-ce que j’ai fait? » « Qu’est-ce que j’aurais pu faire? » J’ai dû consulter une psychologue qui m’a beaucoup aidée en me faisant comprendre que je n’y était pour rien, que ce n’était pas de ma faute.

Avez-vous tenté de cacher ce qui vous est arrivé à vos futurs employeurs?

Non. Je voulais que cette expérience de travail soit inscrite dans mon CV, et ma thérapeute me conseillait de le dire parce que je n’avais rien à me reprocher, qu’au contraire, si je le disais, on allait voir en moi une personne franche. Ça n’a pas causé de problème, les employeurs ont reçu mon histoire avec beaucoup de compassion et ils m’ont accueillie à bras ouverts. C’est vrai que j’avais les rapports médicaux de mes passages à l’urgence qui disaient tous la même chose.

Trois ans plus tard, souffrez-vous encore de ce qui est arrivé?

C’est sûr qu’on reste avec quelque chose. J’ai encore des périodes de doute, mais dans ce temps-là, je sors prendre de l’air. La marche et la musique m’ont beaucoup aidée. Je marche un dix km quatre fois par semaine et ça a été ma planche de salut. Aujourd’hui, je suis heureuse là où je travaille à la clinique médicale des 21.



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