La reconnaissance des acquis et des compétences est une manière intéressante d’obtenir un diplôme en administration. Comment fonctionne-t-elle, au juste?
Étudier, commencer à travailler, changer d’emploi, apprendre de nouvelles tâches, se perfectionner, faire une pause professionnelle, se réorienter, lancer son entreprise, retourner aux études… les tracés se multiplient au gré du chemin professionnel parcouru. L’itinéraire n’est pas toujours linéaire.
La voie traditionnelle vers une diplomation consiste à suivre une formation pour apprendre les compétences d’une profession, puis à les raffiner en emploi. La reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) propose l’inverse, à savoir partir des compétences développées en emploi pour accéder à une diplomation décernée par un établissement reconnu par le ministère de l’Éducation du Québec.
La RAC, c’est quoi exactement ?
À partir d’un programme d’études officiel, la RAC est une démarche qui permet de démontrer des compétences déjà développées au travail, soit grâce à des expériences communautaires ou professionnelles, soit via des apprentissages réalisés de façon autonome ou à l’étranger. Une expérience significative constitue le point de départ de cette démarche.
La RAC, c’est pour qui ?
La démarche cible les adultes en emploi, en réinsertion professionnelle, en réorientation de carrière, et s’inscrit dans les orientations québécoises pour une formation tout au long de la vie. Les profils de la clientèle sont très variés. Chaque parcours est unique, individualisé, sur mesure. Deux personnes peuvent même avoir occupé le même poste pendant cinq ans et avoir développé des compétences très différentes.
Par exemple, la RAC peut s’adresser à :
- une secrétaire d’expérience qui exerce son métier depuis plusieurs années sans détenir un diplôme correspondant ;
- une personne autodidacte qui a développé ses compétences en travaillant à la pige ;
- une personne dont le rôle a évolué, et qui a progressivement assumé de nouvelles tâches et responsabilités ;
- une personne formée ou expérimentée à l’étranger qui souhaite faire reconnaître au Québec les compétences acquises sur place.
Comment transformer des années d’expérience en compétences ?
La RAC ne consiste pas à présenter son CV et à recevoir un diplôme en échange de ses années d’expérience. Avoir travaillé 10 ans dans un domaine ne signifie pas automatiquement que l’on maîtrise toutes les compétences d’un programme d’études.
Pour faire reconnaître ses compétences, la personne candidate devra réaliser des travaux, s’autoformer, participer à des entretiens, accomplir des tâches ou passer différentes évaluations. En d’autres mots, on doit apporter des preuves de ses acquis afin de se voir reconnaître des compétences.
DEP, AEC ou DEC : comment choisir ?
La RAC est le moyen de transport, alors que la diplomation est la destination.
Qu’il s’agisse d’un DEP en secrétariat ou en soutien administratif, d’une AEC en coordination de travail de bureau, d’une AEC d’agent d’administration ou d’un DEC en techniques de bureautique, la destination choisie dépendra de l’expérience de la personne candidate, de sa disponibilité par rapport à la durée du processus, des modalités (en présentiel, en virtuel ou de manière hybride) et du poste visé en lien avec le diplôme à obtenir.
Flexible ne veut pas dire facile
La RAC offre de la flexibilité, mais cette flexibilité exige beaucoup d’autonomie. La personne candidate doit organiser son horaire, effectuer ses travaux, se préparer aux évaluations, participer aux rencontres et réaliser les autoapprentissages complémentaires nécessaires à son cheminement. Pour quelqu’un qui travaille à temps plein et qui a une famille, cela peut vouloir dire consacrer du temps en soirée ou durant la fin de semaine à cet apprentissage. En RAC comme à l’école, la discipline et les efforts sont nécessaires pour réussir.
Pourquoi entreprendre cette démarche ?
Une personne peut très bien posséder les compétences nécessaires pour exercer un emploi, mais découvrir que pour accéder à de meilleures conditions de travail, un employeur exige officiellement un DEP, une AEC ou un DEC. En ce sens, la RAC permet de valoriser l’expérience acquise sans compromettre les exigences de la qualification visées, en maintenant la personne en emploi jusqu’à l’obtention du diplôme convoité.
La RAC au Centre de services scolaire de Montréal
Au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), la RAC est bien implantée en formation professionnelle. En 2025-2026, près de 200 dossiers ont été ouverts, et plus de 1 400 évaluations ont été réalisées afin de reconnaître les compétences acquises par les candidats.
Le CSSDM offre actuellement 22 programmes accessibles en RAC dans 7 écoles de formation professionnelle, couvrant 11 secteurs d’activité, dont l’administration. Chaque personne candidate bénéficie d’un accompagnement personnalisé par des conseillers en formation, qui l’aident à cheminer en fonction de son expérience, des compétences déjà acquises et des exigences du programme visé.