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Cybersécurité : comment protéger les données sensibles de son entreprise ?

, par Sophie Ginoux.

Aucune entreprise, aussi petite soit-elle, n’est aujourd’hui à l’abri de cyberattaques. Voici donc nos meilleurs conseils pour sécuriser ces données professionnelles si précieuses.

L’actualité fait sans cesse mention de cyberattaques menées à petite comme à grande échelle. En 2021 seulement, nos gouvernements, nos hôpitaux, nos universités, ainsi que des entreprises canadiennes comme Molson Coors et Bombardier ont été victimes d’attaques majeures. 

Mais ces exemples médiatisés ne constituent qu’une infime fraction des agressions menées contre des sociétés, la cible favorite des cybercriminels. Dans les faits, une cyberattaque a lieu toutes les 39 secondes à travers le monde, ce qui équivaut à plus de 2240 attaques par jour. Selon une étude de la Fédération des chambres de commerce du Québec menée avec la firme Aviseo Conseil et paru en octobre 2021, 41 % des entreprises québécoises ont été ou pensent avoir été la cible d’une ou de plusieurs cyberattaques, et 87% des chefs d’entreprises se disent préoccupés par les cybermenaces. 

Un emploi pour vous?

De manière encore plus alarmante, une étude menée par TELUS avec IDC auprès de centaines d’entreprises canadiennes privées et publiques de plus de 50 employés a indiqué qu’au cours de l’année 2020, 83% des organisations ont dû faire face à des tentatives de rançongiciels… et que 84% d’entre elles n’ont pas réussi à s’en protéger.

Tableau tiré de l’Étude sur la cybersécurité de la FCCQ, 2021

L’administration, le premier secteur visé

En raison de la concentration importante de données qu’ils gèrent quotidiennement dans tous les secteurs d’activités, des dossiers clients aux informations financières et légales, les employés du domaine administratif et les adjoints virtuels travaillant à leur compte sont particulièrement ciblés par des attaques.

La cybercriminalité s’est toutefois trouvé une rampe de lancement parfaite avec l’avènement du télétravail, qui multiplie les accès potentiels aux données des sociétés en raison de la prolifération des outils de connexion (ordinateurs personnels, tablettes et cellulaires), des failles informatiques et des erreurs humaines. 

Dans l’étude de la FCCQ, on dénote ainsi que les tentatives de vol d’informations sensibles, d’espionnage, de sabotage, de dégradation de l’image, de vol d’identité et de propriétés intellectuelles, ou encore de fraude coûtent des sommes faramineuses aux entreprises, à savoir de 3,3 à 9,2 millions de dollars US par attaque de type rançongicielle. Et ces pertes financières s’accompagnent de ruptures de service, d’une perte de confiance des clients et d’une atteinte importante à la réputation des sociétés qui en sont victimes.

Quelles sont les données sensibles en jeu ?

Les volets administratifs des entreprises et les travailleurs administratifs à leur compte manipulent une grande quantité de données monnayables, que d’autres acteurs sont avides d’exploiter eux-mêmes et donc d’acheter à gros prix.

Mais quelles sont les données les plus sensibles à sécuriser au sein des entreprises ? De manière générale, elles correspondent à des informations ayant une valeur économique et stratégique que l’on ne veut pas voir volées, altérées ou supprimées. Elles concernent des personnes (employés, partenaires, fournisseurs, clients), les métiers (secrets de fabrication, propriété intellectuelle, plans de production, etc.), l’organisation (gouvernance, documents stratégiques, etc.), les finances (trésorerie, budgets, contrats, rémunérations, etc.) et le volet légal (conformité, statuts, etc.)

5 méthodes pour sécuriser des données sensibles

1. Sécuriser les lieux physiques

Comme on l’a vu avec des scandales comme celui du Mouvement Desjardins et, plus récemment encore, des faux passeports sanitaires, les failles humaines peuvent s’avérer dévastatrices. Il est donc essentiel de sécuriser au maximum les salles, serveurs et postes de travail qui contiennent les données les plus sensibles de son entreprise. Ce qui passe par du gardiennage, des accès limités et nominatifs, des digicodes, ainsi que des changements de mots de passe dès qu’un employé quitte la société. Les ordinateurs sensibles doivent quant à eux se désactiver automatiquement après quelques minutes d’inactivité, être verrouillés dès que la personne qui l’utilise s’absente, et idéalement être exempts de moyens de téléchargement physique (port USB, SD) ou de paramètres pouvant permettre de copier des fichiers.

2. Mettre en place une politique rigoureuse de comptes et de mots de passe

Il est recommandé d’attribuer à chaque employé un compte utilisateur nominatif, plutôt que les regrouper dans des indicatifs de fonction (comme compta1, dév10, etc.) en s’assurant de faire adopter une politique rigoureuse de mot de passe pour chaque accès personnalisé, qu’il s’agisse du poste de travail du bureau, ou bien de l’ordinateur, de la tablette ou du cellulaire personnels de l’employé. Ce mot de passe, à renouveler aux trois mois, doit être difficile à deviner, demeurer totalement confidentiel et invisible sur tous les types de supports informatiques. Les experts conseillent aussi aux entreprises d’exiger des mots de passe d’au moins huit caractères mêlant lettres, chiffres et caractères spéciaux. 

3. Sécuriser le réseau

Des dispositifs de sécurité existent déjà sur le marché pour assurer un premier niveau de protection contre les virus et les logiciels espions au sein d’une entreprise : sonde anti-intrusions, routeurs filtrants, pare-feu, etc., doivent permettre d’assurer  du réseau local d’une entreprise. Pour contrer des attaques plus insidieuses comme des rançongiciels, l’expert de chez Telus Affaires recommandait aussi trois filets de sécurité successifs : un pour les équipements et les points d’entrée des réseaux informatiques, un second pour la détection des utilisateurs afin de vérifier les endroits et les heures de connexion, et un troisième reposant sur le tri automatisé des courriels. La messagerie électronique des salariés doit d’ailleurs faire l’objet d’une vigilance toute particulière, car elle est souvent la porte d’entrée à de possibles actes malveillants. Les connexions entre les différents sites d’une même société, peuvent donc idéalement s’opérer au moyen de liaisons privées ou de VPN (réseau privé virtuel). De la même manière, ceux réalisés par Internet nécessitent des mesures de sécurité fortes comme HTTPS, l’utilisation de protocoles IPsec, ou bien SSL/TLS.

4. Crypter et stocker les données

Selon plusieurs experts, toute communication comprenant des renseignements personnels ou sensibles devrait être chiffrée pour que son contenu soit protégé, en prenant soin de ne stocker aucune clé de chiffrement sur des serveurs, car elles peuvent être déverrouillées. Ces mêmes serveurs, quant à eux, peuvent être stockés dans une pièce distincte (ou encore mieux, dans un coffre ignifugé), en plus d’un hébergeur extérieur. Attention également aux supports nomades, qui doivent régulièrement être vérifiés par un professionnel en sécurité numérique, et à ceux en fin de vie, dont il faut détruire les disques durs avant de les recycler.

5. Sensibiliser le personnel

Des erreurs humaines sont souvent à l’origine de piratages en tous genres. Comme l’indique Martin Bélanger, l’expert en cybersécurité de Telus Affaires, « La plupart des erreurs commises par les victimes sont involontaires, par manque de discernement ou de temps. Tout le monde peut se faire avoir, même ceux qui croient qu’ils ne peuvent pas être bernés. » Par précaution et pour les impliquer dans leur politique de sécurité, les gestionnaires peuvent donc formaliser une charte informatique pour généraliser les bonnes pratiques dans leur équipe. Ils peuvent aussi les sensibiliser grâce à des formations continues, la diffusion de notes de service, ou bien l’envoi périodique de fiches pratiques.

Pour d’autres informations pratiques sur la sécurité des entreprises, n’hésitez pas à consulter la section Ma carrière de Secrétaire-inc !



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