Jeunes adjointes : on vous soupçonne d’être enceintes!

, par Florence Tison.

Les mères ont la vie dure sur le marché du travail. On les croit moins présentes et moins disponibles, ce qui joue sur leur salaire. On découvre aujourd’hui que ce jugement s’étend aux jeunes femmes sans enfants.

Il semblerait que les mères fassent peur aux employeurs! Elles se font moins facilement embaucher, et on hésite à leur confier de nouveaux mandats, ce qui souvent creuse l’écart salarial entre elles et leurs homologues masculins.

Ce biais souvent inconscient touche aussi les jeunes femmes sans enfants, indique une étude mentionnée par le site L’effet A.

Un emploi pour vous?

Menée par trois économistes européennes, l’étude conclut que la discrimination subie par les mères à l’embauche est aussi infligée aux jeunes femme qui ne sont pas mères. Pourquoi? On les soupçonne de vouloir le devenir!

Encore plus de discrimination pour les emplois à temps partiel

Pour en arriver à ce constat, les trois chercheuses derrière l’étude ont soumis pas moins de 9 000 candidatures fictives à des postes de secrétariat et de comptabilité en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Les candidatures des jeunes femmes mariées sans enfants ont été significativement moins retenues ques les autres, et plus particulièrement pour les postes à temps partiel. Il est à noter que dans ces pays, on indique souvent son statut civil et parental sur son CV.

Les chercheuses ont interprété les résultats ainsi : les employeurs estiment que les jeunes femmes mariées sont à risque de devenir enceintes (peu importe si ce désir est réel ou non), et qu’elle auront alors moins de temps à consacrer à leur emploi.

Si les candidatures de ces jeunes femmes pour des postes à temps partiel sont encore moins retenues, c’est que les employeurs estimeraient que leur « volonté » d’avoir un horaire moins chargé serait lié à des désirs de maternité.

La carrière des jeunes femmes risque donc d’être plombée par cette perception des employeurs, alors que celle des hommes qui sont pères, pas du tout. La parentalité est même perçue très favorablement dans le milieu du travail… pour les hommes.

Et au Québec?

L’Effet A aborde la question dans son article.

Chez nous, l’état civil ne figure pas parmi les informations à fournir sur un CV, et la discrimination sur cette base est proscrite par la Charte des droits et libertés de la personne. D’ailleurs, cette donnée serait un indicateur bien imparfait du risque de parentalité, puisque près des deux tiers (63 %) des enfants sont nés hors mariage en 2017, selon l’Institut de la statistique du Québec. Ce qui ne revient pas à dire que ce biais inconscient contre les jeunes femmes n’est pas à l’œuvre chez nous. Il pourrait au contraire s’étendre à toutes les femmes en âge de procréer.



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