Le piège des listes de rappel

, par Theodora Navarro.

Lorsqu’elle sort de l’école de secrétariat, en 2003, Mélanie Dessaint se rend à un forum de l’emploi. Plusieurs institutions publiques sont présentes.

“A l’école, on nous avait dit que travailler pour le public, c’était l’idéal, et que les salaires étaient corrects”, se souvient Mélanie. Ce qu’on ne lui a pas dit, en revanche, c’est qu’il existait peu de postes permanents et qu’elle allait être inscrite… sur des listes de rappel.

Le principe? Mélanie remplace une secrétaire qui part en congé maternité, ou qui est malade durant plusieurs jours. Et souvent, c’est au pied levé. Elle a commencé dans le secteur médical. “Pour faire des remplacements, on m’appelait parfois à 5 heures du matin pour commencer à 7!”

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Deux ans et demi pour rien

Mélanie, qui a 35 ans désormais, attend le chômage. Durant deux ans et demi, elle a travaillé pour le même employeur. Elle s’est beaucoup investie, s’inscrivant dans l’équipe comme n’importe quel autre membre et sympathisant avec ses collègues.

Mais, à la clé, rien. Travaillant sur le poste d’une secrétaire en congé maladie, elle a vu son contrat reporté sans cesse. “Au début c’était deux semaines, puis ça a été prolongé de trois mois”, explique-t-elle. Et ainsi de suite, souvent de 8 semaines en 8 semaines.

Cet été, l’employeur a du mettre un point final à l’enchaînement de contrats. La secrétaire en congé a pu enfin reprendre son poste… poste auquel Mélanie a dû la reformer avant son départ. Gentiment, son employeur l’a gardée quelques semaines de plus, pour lui permettre de trouver un autre emploi.

“J’espérais pouvoir obtenir un poste permanent, d’autant qu’ils étaient contents de mon travail.” Mais aucun poste n’est disponible. “Ils sont souvent pourvus en interne”, ajoute Mélanie. Malgré deux ans et demi de bons et loyaux services, elle a donc du reprendre le chemin de la maison.

Trois personnes devant

Mélanie attend désormais qu’on la rappelle. “Mais il y a trois autres secrétaires en avant de moi sur la liste”. Généralement, son chômage ne dure pas. Mais un mois sans travail, ça ne lui est presque jamais arrivé.

“Je n’en peux plus de la façon dont ça fonctionne, ça devient vraiment stressant!” Les semaines d’attente avant de toucher les prestations de chômage sont autant de trous dans le budget familial. Et la flexibilité qu’on lui demande colle mal avec sa vie d’épouse et de maman d’un petit garçon de 4 ans.

Mélanie espère vraiment aujourd’hui pouvoir trouver un poste permanent. D’autant qu’elle dit se donner à 100% pour chaque emploi qu’elle occupe. “Mais on ne donne pas leur chance aux nouvelles.”



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