Les aventures d’une transcriptrice médicale

, par Louise Proulx.

Avec son papa urbaniste et sa maman architecte, très jeune Fanie Boisvert a été sensibilisée et interpellée par la beauté des paysages urbains. C’est alors naturellement qu’elle s’est dirigée vers l’urbanisme. Son bac en poche, elle décroche un premier contrat comme assistante de recherche pour l’hôpital Sainte-Justine. À la fin de son contrat, le Québec est en pleine récession. Par crainte de ne pas décrocher d’emploi en urbanisme, elle répond à une offre d’emploi de l’Institut Pinel. On lui fait passer des tests à la suite desquels on lui offre un poste de secrétaire médicale. C’est ainsi que, depuis sept ans maintenant, notre secrétaire de la semaine est transcriptrice médicale.

En quoi consiste exactement le travail de transcription médicale?

Les psychiatres, les médecins généralistes et les psychologues de l’Institut dictent leurs rapports médicaux sur une ligne téléphonique. Leurs rapports arrivent ensuite dans notre système et nous devons transcrire mot à mot, au clavier électronique, ce qui a été dit.

Un emploi pour vous?

Mon travail consiste également à réviser des rapports médicaux, à les mettre en page et à en corriger les fautes.

Ça n’a pas été trop difficile de changer de voie?

En fait, travailler avec les mots et la langue française en général, en apprendre tous les jours sur la santé mentale, la psychiatrie, écouter des récits de vie par milliers, et j’en passe, ça a été une sorte de coup de foudre pour moi.

Ce n’est pas trop difficile d’entendre toutes ces histoires de vie brisées?

À force d’entendre parler de tentatives de meurtre, d’automutilation, de suicides, de souffrance… on en vient à se désensibiliser quand même un peu. Mais il m’arrive d’avoir à me lever de ma chaise pour aller respirer quelques minutes. Quand ça arrive, le plus souvent c’est parce que le patient évalué a eu une attitude qui me met en colère. Je pense à cette fois où je suis tombée sur le cas d’un misogyne psychopathe détestable que j’aurais eu envie d’étrangler!

Bien sûr, il y a toujours à travers ça de belles histoires et des dénouements touchants, mais ce n’est pas cet aspect là qui prend toute la place. Heureusement, j’oublie la plupart des détails avec un peu de temps.

Pensez-vous faire ce travail encore longtemps?

Je ne pense pas. Il y a quatre ans, j’ai reçu un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention. Bien sûr, je suis en mesure de faire ce que je dois faire et d’interagir comme il se doit avec les utilisateurs du service de transcription, mais tout cela me coûte cher en énergie psychique, d’autant plus qu’il s’agit d’un contexte hautement confidentiel. Je suis toujours hantée par la peur de transmettre par accident le rapport d’expertise psychiatrique d’un cas médiatisé dans un dépanneur, en me trompant d’un chiffre sur le clavier du télécopieur… Heureusement, ça ne m’est pas arrivé encore, enfin je l’espère.

En décembre, je termine un certificat en rédaction à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal. Depuis toujours, j’aime profondément la langue française. C’est mon emploi de secrétaire qui m’a confirmé cette passion et qui m’a donné envie d’ajouter des cordes à mon arc. Qui sait, un jour j’aurai peut-être le plaisir de collaborer en tant que rédactrice avec l’équipe de Secrétaire-inc!



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