Pas de job à cause de son nom!

, par Theodora Navarro.

Julie Lyonnais”, c’est le nom qu’Ann Vongpardy avait choisi pour rebaptiser ses curriculum vitae. Une démarche dictée par les refus d’emplois à répétition dont elle faisait l’objet.

Originaire du Laos, Ann Vongpardy est arrivée dans la région de Centre-du-Québec lorsqu’elle avait trois ans. Après un cursus scolaire traditionnel, elle s’oriente vers des études en microédition et hypermédia, auxquelles s’ajouteront ensuite un DEP en secrétariat et une spécialisation en secrétariat médical.

En 2004, elle commence à chercher du travail… et c’est la désillusion. Partout, les employeurs se toquent de son nom. “Ils me disaient toujours : vous êtes sûre que vous parlez québécois? Alors que j’ai grandi ici!” Et en effet, elle parle sans aucun accent.

Un emploi pour vous?

Lasse des refus, elle a donc changé son nom. D’Ann Vongpardy, elle est devenue Julie Lyonnais. “Le CV était le même, seul le nom était différent.” Et c’est le jackpot : à chaque nouvelle offre, elle décroche une entrevue. Aux employeurs qui louent son potentiel, elle montre son vrai curriculum vitae. “Ils me disaient tous : j’ai pensé en voyant ton nom que tu ne parlais pas bien français.”

Mais l’entrevue n’y suffit pas : à chaque fois, on lui préfère une autre candidate. Les motifs sont variés. Du très courant “Vous êtes trop qualifiée pour le poste” au plus honnête “votre physique n’est pas en accord avec l’image que l’on veut donner de l’entreprise”.

Minorité visible

Grâce à ses origines, Ann pouvait bénéficier des postes réservés aux minorités visibles. Mais longtemps, elle s’y est refusée. “Je n’avais pas envie, moi je suis Québécoise, je suis comme tout le monde!” Et de soupirer : “Mais au bout d’un moment, t’as plus le choix.”

Etranglée financièrement et fatiguée de devoir faire appel à l’aide sociale, Ann se rapproche des postes réservées aux minorités. Elle enchaîne, grâce à cela, quelques contrats de courte durée. Sans décrocher de contrat permanent.

Pour elle, le problème vient essentiellement des mentalités. “Dans le Centre-du-Québec, les gens manquent d’ouverture d’esprit, ils restaient toqués à mon nom ou à ma couleur de peau.” Cette discrimination, elle l’a subie au quotidien, et ce depuis l’enfance. A l’hôpital, on lui parle lentement, persuadé qu’elle ne comprend pas le français.

Devant l’impossibilité de trouver une job dans sa région d’origine, Ann a donc décidé de partir vivre à Québec.

51 mots minutes

“Toujours. J’ai toujours gardé espoir”. En disant ça, elle rit, franchement. Malgré dix ans de difficultés, chaque minute de bonheur semble bonne à prendre. Même si elle a parfois douté de ses capacités.

Devant l’incertitude, elle a passé des tests auprès des agences de placement qui lui ont confirmé à chaque fois ses capacités. “Je tape 51 mots/minute quand même!” Et elle est complètement bilingue anglais – français.

Ann se languit à présent de travailler. En arrivant à Québec, elle s’est rapproché du Carrefour Jeunesse Emploi et des agences, qui devraient la rappeler d’ici peu. Elle attend désormais le coup de fil qui changera le cours de sa vie…



Partagez cette nouvelle!

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Les employeurs qui recrutent
  • Collège Inter-Dec
  • Gowling WLG
  • Espace Physio Forme Inc
  • ZSA
  • Pillière Bolduc Notaires
  • La Presse
  • Desjardins
Recevez les derniers articles Carrière
et offres d'emplois directement dans votre boîte de réception!
Vous avez des questions?
Nous sommes ici pour vous aider.