Congédiée enceinte, une secrétaire l’emporte sur Hydro-Québec

, par Secretaire-inc.

Rien ne préparait Marie-Ève Morand à perdre son emploi de secrétaire en août 2013. En congé de maternité à la suite de la naissance d’un petit garçon, elle avait informé son patron au chantier de la Romaine, sur la Côte-Nord, qu’elle reviendrait au travail le 3 septembre.

Mais voilà, entre temps, la cigogne est passée de nouveau, si bien que Marie-Ève est retombée enceinte, de jumeaux de surcroît. Elle a donc informé rapidement son patron de ce rebondissement et obtenu un retrait préventif de la CSST, en raison des longues heures de travail (semaines de 60 heures) et de la route qu’elle devait faire pour se rendre au chantier.

Quelques jours plus tard, elle a reçu un courriel qui l’informait que son poste avait été aboli. « Je n’en revenais juste pas que ça puisse arriver en 2013. J’ai tout de suite compris que c’était lié à ma grossesse », raconte-t-elle.

Un emploi pour vous?

Direction Kuujjuaq

« J’ai pris mes économies et je me suis battue. Je me retrouvais enceinte de 12 semaines, sans emploi et sans ressource. Quel employeur m’aurait engagé en sachant que je partais en congé de maternité? », questionne-t-elle.

Avec un bébé à la maison et deux autres en route, son conjoint a changé d’emploi pour en trouver un plus payant… à Kuujjuaq. « Imaginez le stress financier et familial. On se retrouve avec un seul salaire et bientôt trois enfants. On ne serait probablement jamais allé dans le Grand Nord », poursuit Marie-Ève.

Un emploi retrouvé

Dans un jugement de 23 pages rendu la semaine dernière, la Commission des lésions professionnelles démolit tous les arguments d’Hydro-Québec, attribuant la suppression du poste de Marie-Ève à une seule raison: sa grossesse.

« Le tribunal retient de la preuve que la nouvelle grossesse de la travailleuse “désorganisait” l’employeur, qu’il était pris de court », notent les commissaires.

En plus de réintégrer Marie-Ève dans son travail, ceux- ci ordonnent également à Hydro-Québec de lui verser le salaire qu’elle aurait normalement gagné, avec les intérêts.

« Pour moi, c’est un soulagement. Tout ce que je souhaite, c’est de reprendre mon travail que j’aimais, et pour lequel j’avais eu plusieurs promotions. Et si d’autres femmes vivent une telle situation, je les encourage à se défendre. C’est trop important », termine-t-elle.?

Pour lire le jugement, cliquez ici.



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