Développement de Carrière Narcissisme au bureau : comment s’en protéger

Narcissisme au bureau : comment s’en protéger

Dans le milieu du soutien administratif, on côtoie une variété de personnalités… dont certaines s’avèrent épuisantes. Il faut donc agir !

Notre rôle d’adjointe est aussi riche que complexe, puisque nous devons nous adapter au caractère de tous les employés du bureau pour collaborer adéquatement avec eux.

Mais il arrive que certaines relations soient plus exigeantes… voire épuisantes. Un collègue qui critique sans relâche, qui s’attribue vos réussites ou qui dénigre subtilement notre travail peut laisser derrière lui un sillage de frustration et de doutes.

Et lorsque ce comportement se répète, il cache souvent une personnalité narcissique, parfois charmante, mais fondamentalement toxique.

Comprendre pour mieux réagir

Le narcissisme n’est pas en soi une maladie. Il s’agit d’un trait de personnalité : certaines personnes ont simplement besoin d’être vues, reconnues, admirées.

On les reconnaît souvent à ces éléments :

  • un besoin constant d’admiration ;
  • une hypersensibilité à la critique ;
  • une habileté à séduire ou à convaincre ;
  • un manque d’écoute réelle ;
  • une tendance à s’approprier les succès collectifs.

Mais lorsque cette tendance s’accompagne d’un manque d’empathie, d’une tendance à rabaisser les autres et d’une incapacité à se remettre en question, on entre dans la sphère du narcissisme toxique.

Le narcissique professionnel

Dans le cadre de notre travail, nous pouvons collaborer avec des personnes narcissiques qui sont flamboyantes et ont tendance à prendre toute la place.

Mais il faut aussi savoir distinguer les pervers narcissiques du lot, car ils manipulent consciemment leur entourage pour garder le contrôle.

Sous des apparences de douceur ou de compétence, ils sapent la confiance de leurs collègues et brouillent les perceptions.

Dans un environnement professionnel, cela se traduit souvent par :

  • des critiques déguisées en conseils ;
  • des tentatives de diviser les équipes ;
  • des réussites collectives attribuées à une seule personne ;
  • un besoin constant d’être admiré ou craint.

Le défi pour le personnel de soutien

Les adjointes et adjoints administratifs sont souvent en première ligne face à ce type de comportement. En tant que gardiens de la communication, de la logistique et de la coordination, ils deviennent les témoins privilégiés, et parfois les cibles de ces dynamiques déséquilibrées.

Un collègue narcissique tentera de critiquer subtilement notre manière de travailler, de remettre en question nos priorités ou de s’approprier nos projets, sapant du même coup notre confiance en nos moyens et nos ambitions.

Le doute s’installe : « Est-ce moi qui exagère ? Ai-je mal interprété son attitude ? » Non. Nous sommes simplement confrontés à quelqu’un qui se nourrit de l’insécurité des autres.

Des outils concrets pour reprendre le pouvoir

Rassurez-vous : une personnalité narcissique n’est pas omnipotente. Et à défaut de l’extraire de l’équipe, il est possible de la gérer. Voici cinq stratégies pour y parvenir.

1. Nommer le comportement sans juger la personne

Rester factuel et calme est une bonne manière de ne pas se perdre émotionnellement face à un collègue, tout en rétablissant les faits sans alimenter le conflit. Par exemple, on peut dire : « Lors de la réunion, tu as mentionné que tu avais finalisé le dossier, mais j’aimerais préciser que j’en avais déjà transmis la version complète la veille ».

2. Fixer des limites claires et constantes

Les personnalités narcissiques testent souvent les frontières de notre professionnalisme. Mais une réponse ferme et polie suffit généralement à les recadrer, comme « Je comprends ton point de vue, mais ma décision reste la même », ou encore« Je préfère qu’on se limite aux sujets professionnels ».

3. Documenter ses échanges

Conserver les courriels et les suivis écrits avec une personnalité narcissique est utile. Pourquoi ? Non pas pour se défendre, mais pour préserver la traçabilité de son travail et se sentir en sécurité.

4. Chercher du soutien à l’interne

Confier la situation à un supérieur, une ressource RH ou un collègue de confiance permet de briser l’isolement que l’on peut vivre. Le narcissique agit d’autant plus librement que les autres se taisent.

5. Se recentrer sur sa propre valeur

Les critiques répétées visent à nous déstabiliser. Il faut donc reprendre le pouvoir en s’ancrant dans ses forces. Mes conseils : noter ses bons coups, relire ses réussites et se souvenir de l’impact réel de ses actions.

Quand la toxicité vient d’en haut

Et si le narcissisme provient d’un supérieur hiérarchique ? Le dirigeant narcissique est souvent charismatique, stratège et très convaincant. Il sait impressionner les clients et séduire les décideurs, tout en épuisant silencieusement son personnel de soutien.

Dans ces situations, la loyauté peut devenir un piège. Rester dans un environnement où le mépris, la manipulation ou le harcèlement déguisés en « exigence de performance » sont la norme n’a rien d’héroïque. C’est une mise en danger psychologique réelle.

Il est donc essentiel de :

  • documenter les comportements de manière factuelle;
  • consulter un professionnel externe (psychologue, médecin, association, conseiller juridique);
  • signaler la situation au service RH ou à la CNESST s’il y a harcèlement psychologique;
  • et surtout, oser partir si rien ne change.

Quitter un emploi n’est pas un échec. C’est un acte de lucidité et de respect envers soi-même. Choisir sa paix intérieure, c’est protéger son équilibre et sa dignité.

En conclusion, dans le monde du soutien administratif, la force ne se mesure pas seulement à la résistance au stress, mais à la capacité de respecter les autres autant que soi-même.

Souvenez-vous qu’un narcissique ne peut briller que dans le regard des autres.

À bientôt !