Au secours, je n’aime pas mon patron!

, par Florence Tison.

Il arrive qu’une secrétaire travaille avec un gestionnaire plus difficile que d’autres. C’est ce qui est arrivé à Sophie.

Sophie est adjointe administrative dans le domaine juridique. Nous avons modifié son nom à sa demande.

Un avocat pour qui elle a travaillé avait un « tempérament assez explosif », selon Sophie. Sans tomber dans les insultes, il levait toutefois fréquemment le ton envers les cinq adjointes du bureau.

Un emploi pour vous?

« Je pense que je suis la seule sur les cinq qu’il n’a pas fait pleurer, illustre Sophie. Quand tu as une délicatesse d’un deux par quatre, je suis capable de vivre avec ça, mais il y en a qui ne sont pas capables. »

Sophie donne l’exemple d’une collègue, adjointe elle aussi, qui vivait une situation difficile à la maison. Cette collègue en devenait « désagréable » au bureau.

« Au lieu de régler ça entre eux ou d’en parler à son gestionnaire, l’avocat l’a envoyée promener devant tout le bureau », s’indigne Sophie. Résultat : l’adjointe a fondu en larmes. « Elle est partie en burn out pendant des mois! »

La girouette

Les mauvais côtés du supérieur de Sophie ne s’arrêtaient pas à son attitude.

L’avocat changeait souvent d’avis et faisait sentir à Sophie que si des modifications devaient être apportées, c’était de sa faute à elle. Les adjointes ont fini par le surnommer la girouette. « J’étais la seule à être capable de travailler avec lui », souligne Sophie.

« Il voulait que je monte les dossiers d’une certaine façon, et le lendemain c’était différent. On s’entend, chaque avocat travaille d’une façon différente et ça ne m’a jamais dérangée. Mais lui ne cherchait pas à améliorer sa méthode, il la changeait tout le temps! »

Pourtant, Sophie ne détestait pas son supérieur, loin de là.

« À l’extérieur du bureau, il était très sympathique, il avait un très grand cœur et il était très généreux de sa personne, indique Sophie. Au travail, on le laissait chialer. Ce n’était pas contre personne, c’était juste son tempérament. »

Quoi faire en 7 étapes

Selon l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, l’inaction n’est pas une option dans une telle situation. Il faut soit agir, soit démissionner. Mais agir comment?

Katherine Van den Hende, recruteuse chez Auto-Jobs-ca, prône la communication et nous conseille de suivre ces sept étapes pour résoudre le conflit.

1- Réfléchir à la situation

Il y a des raisons pour lesquelles on n’aime pas son patron. Est-ce le manque de confiance qu’il a en nous, le manque de rétroaction, le peu de points en commun? Une fois les raisons identifiées, il s’agit d’écrire les points à discuter et de détailler les situations avant d’aller en discuter avec son supérieur.

« Sur le coup de l’émotion, on est stressé et on peut oublier nos idées », explique Katherine Van den Hende. D’où l’importance de les noter.

2- Communication ouverte

Souvent, le conflit résulte simplement d’un manque de compréhension entre le patron et son employé. Pour clarifier la situation, mieux vaut parler calmement, et sans comportement dénonciateur.

« Il ne faut surtout pas arriver avec nos gros sabots et attaquer la personne! » met en garde Katherine Van den Hende.

Un bon truc : parler au « je » plutôt qu’au « tu ».

3- Au bon endroit, au bon moment

Pour entamer la discussion, on choisit un moment où on a la tête reposée et de l’énergie, comme le matin. On évite d’aborder son patron à la fin de la journée ou à un moment où il est très occupé. Katherine Van den Hende conseille également de choisir un lieu calme où vous ne serez pas dérangés, comme une salle de conférence.

Comment aborder l’épineux sujet?

« On peut avertir que l’on doit parler de quelque chose de personnel et qu’il faudrait prévoir une trentaine de minutes », explique la recruteuse.

4- Garder ça pour soi

Selon Katherine Van den Hende, mieux vaut éviter d’en parler aux collègues plutôt qu’à la personne concernée. « Les gens aiment bien potiner. Ça pourrait aller aux oreilles de la personne avant qu’on n’en ait parlé. »

5- Si ça ne marche pas

La situation ne s’améliore pas après la discussion? Direction ressources humaines, qui peuvent agir à titre de médiateur. Elles sont formées pour gérer ce type de situation.

Si on travaille dans un petit bureau qui n’a pas de ressources humaines, il est tout de même essentiel que l’adjointe mette au clair ce à quoi elle s’attend comme comportement, « pour mettre ses limites », indique Katherine Van den Hende. « C’est une question de respect. »

6- Harcèlement psychologique

Parfois, les problèmes entre un patron et sa secrétaire vont beaucoup plus loin qu’un désaccord ou un manque de reconnaissance. Si vous êtes victime d’harcèlement ou de violence psychologique, la recruteuse conseille de déposer une plainte en lien avec les normes du travail.

7- Démission

Ça ne s’améliore toujours pas après toutes ces étapes? Le moment être peut-être venu de rechercher de nouveaux défis. « Si à un moment, on sent que notre santé mentale au travail commence à en souffrir, expose Katherine Van den Hende, il faut se demander si notre bien-être est vraiment au sein de cette entreprise-là. »

Le truc de Sophie

Sophie ne travaille plus avec le supérieur en question, mais ce n’est pas parce qu’elle a démissionné. Elle a simplement déménagé dans une autre région du Québec. Sinon, elle serait restée.

Comment faisait-elle?

Elle prenait un peu de recul! Sophie savait que le ton de l’avocat ne la visait pas personnellement. « Moi, j’avais confiance en mon travail, explique Sophie. Si je n’avais pas eu confiance en moi, ça m’aurait probablement rentré dedans. »



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